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Le point d’appui ukrainien de Peski est détruit

ByVeritatis

Août 8, 2022


Pendant 8 années les forces ukrainiennes ont affronté les milices républicaines sur 480 kilomètres de réseaux de tranchées et de casemates dignes de la 1ère guerre mondiale, et l’omniprésence de chaque côté du front d’une artillerie héritée de la puissance soviétique a poussé les belligérants à fortifier en permanence leurs positions car, à Donetsk aujourd’hui comme à Verdun hier, « la sueur épargne le sang ».

Dans le Donbass, si le front ukrainien au Sud est tombé après les libérations de Volnovakha et de Marioupol et au Nord, et a reculé au delà du territoire de la République populaire de Lougansk après celles de Popasnaya, Severodonetsk et Lisichansk, il reste encore de nombreux bastions kiéviens sur le front et particulièrement sur ce front central, entre Donetsk et Gorlovka où se trouve les défenses ukrainiennes les plus solides car bénéficiant d’un réseau dense de localités industrielles propices aux défenses urbaines et directement au contact des deux cités les plus importantes ayant formé la République populaire de Donetsk.

Ce front ukrainien entre Donetsk et Gorlovka est âprement défendu par un corps de bataille qui, bien qu’amoindri par plus de 5 mois d’offensives russo-républicaines, peut encore opposer une résistance désespérée mais efficace grâce à ce réseau de fortifications rendant très difficile et coûteux un assaut frontal. Cette résistance ukrainienne, qui de toute manière est vouée à l’échec face à la puissance de l’artillerie russe et à la bravoure de l’infanterie républicaine, pourrait même être qualifiée d’« honorable » si elle ne s’accompagnait pas de campagnes de bombardements terroristes génocidaires de plus en plus abjectes comme les récents minages des zones résidentielles de Donetsk et ses environs (voir les articles précédents ici, ici et ). Par ses crimes de guerre répétés l’armée ukrainienne s’est définitivement exclue du respect que tout soldat, même ennemi, peut recevoir de la part de son adversaire.

Tout d’abord, quelques rappels tactiques

Lorsqu’on évoque une ligne de front il serait plus juste de mettre se terme au pluriel car elle est constatée en réalité de plusieurs lignes de front articulées dans la profondeur du champ de bataille depuis les postes d’observation tactique silencieux au contact de l’adversaire et les points d’appui de la première ligne jusqu’aux camps retranchés de la troisième ligne d’où l’artillerie lourde mène sa stratégie d’attrition, en passant par les bastions de la deuxième ligne où se trouvent les forces de combat les plus importantes.

Et ce schéma simpliste varie selon que le dispositif général est offensif ou défensif. Dans le cas d’un dispositif offensif il y a une plus grande concentration d’unités de combat vers l’avant, dans le cas d’un dispositif défensif son potentiel de combat pour une contre attaque éventuelle est plutôt organisé dans la profondeur derrière des unités de freinage et devant une artillerie de barrage.

Depuis le début des opérations militaires russes en Ukraine, l’état-major kiévien dans le Donbass est passé d’une dispositif offensif qui s’apprêtait à attaquer début mars les républiques irrédentistes de Donetsk et Lougansk à un dispositif défensif s’appuyant sur différents bastions renforcés depuis 5 mois. Voyons ici le secteur particulier de Donetsk :

Situation générale sur le front de Donetsk au 5 août 2022.

Depuis début août, motivées par les bombardements meurtriers ukrainiens, les forces républicaines avec les appuis russes ont engagé de nouveaux assauts contre les positions ennemies enserrant Donetsk, Makeevka et Yasinovataya.

Sur ce secteur de front d’environ 40 km de long, les forces ukrainiennes ont articulé leur ligne de défense autour de 2 bastions principaux : Avdeevka au Nord et Marinka au Sud et 1 bastion secondaire mais central : Krasnogorovka, à l’Ouest de Donetsk.

Avdeevka est le plus important de ces points d’appui et le mieux défendu car il bénéficie d’une part d’un milieu urbain industriel solide et disposant d’en réseau d’abris souterrains datant de la guerre froide, et d’autre part d’une ceinture de points d’appui retranchés et minés assurant une première ligne de défense extérieure fortifiée depuis 8 ans.

Face au front républicain, ces points d’appui ukrainiens sont du Nord au Sud: Kamianka, la zone industrielle Promka, Opitnoe, Vodyane et Peski, cette dernière position étant directement au contact des districts urbains de Kuybishevsky et Kievsky, sur la périphérie occidentale de la zone aéroportuaire dans le Nord de Donetsk (quartiers Oktyabrsky, Veseloe, Volvo center).

Le secteur de Peski est défendu par le 21e bataillon de la 56e Brigade mécanisée ukrainienne, renforcé par des unités d’artillerie et quelques groupes de nationalistes et spécialistes comme des snipers ou des sapeurs de combat.

Rappel : 

Peski est un petit village en périphérie de Donetsk où vivaient avant la guerre 2000 habitants. Situé sur un léger promontoire surplombant la ville, il est parsemé de petits étangs et traversé par la route E 50 qui rejoint Krasnoarmeïsk appelé Pokrovsk depuis le Maïdan (50km) et sur le Dniepr, Dnipropetrovsk (220km)

• Pendant les premiers combats de l’été 2014, Peski est le théâtre de violent affrontements entre les milices et les unités nationalistes ukrainiennes, notamment le bataillon spécial néo-nazi « Dnipro » qui finira par l’occuper le 21 juillet 2014. Depuis les forces ukrainiennes ont fortifié Peski et tous les autres villages environnants le Nord de l’aéroport de Donetsk.

• Lors de la bataille pour le contrôle de l’aéroport de Donetsk pendant l’hiver 2014-2015, les milices républicaines de Donetsk autour des bataillons Sparta commandé par « Motorola » et Somali commandé par « Givi » vont conquérir de haute lutte la zone aéroportuaire du nouveau terminal, tandis qu’à l’Ouest, les forces ukrainiennes s’accrochent au village de Peski, malgré les ordres de repli qui leur sont initialement donnés.

• Depuis 8 ans à partir de Peski les forces ukrainiennes vont continuer à affronter les les milices défendant les quartiers Nord de Donetsk, et bombarder les populations civiles des leurs zones résidentielles. À Peski comme sur les autres points d’appui extérieurs du bastion d’Avdeevka, la population a quitté le village qui n’est plus qu’un champ de ruines où n’ont jamais cessé les échanges de tirs.

Aujourd’hui :

Devant l’augmentation intense des bombardements terroristes sur Donetsk, les forces alliées ont engagé au début de ce mois d’août un assaut terrestre destiné à détruire ce point d’appui important qui forme un bouclier derrière lequel dans un rayon de 20 km environ peuvent opérer les unités d’artillerie ukrainiennes.

Les combats menant à la libération de Peski ont été précédé de puissantes campagnes de bombardements menées avec tout l’arsenal disponible (Lance Roquette Multiples « Grad » « Uragan » « Smerch » « TOS », obusiers de 122 et 152mm aviation d’attaque au sol…) qui ont détruit nombre de positions enterrées, champs de mines et provoqué des pertes importantes parmi les ukrainiens, en assommant les survivants.

Il est difficile d’imaginer le niveau apocalyptique des frappes de l’artillerie russe préparant les assauts terrestres. Chaque position ukrainienne est bombardée par des tonnes d’obus, entre 300 et 500 munitions et parfois plusieurs fois par jour, qui en plus des pertes importantes occasionnées détruisent en profondeur les casemates enterrées, explosent un par un les dépôts de munitions et les champs de mines…

Malgré ce rouleau compresseur dantesque, les unités d’infanterie montant à l’assaut ont du engager des combats difficiles pour libérer Peski, progressant rue après rue, maison après maison et gagnant le terrain parfois au prix de corps à corps meurtriers. De leur côté, les forces ukrainiennes ont subi des pertes très importantes qui les ont obligé de reculer de l’autre côté d’une ligne de petits étangs traversant le secteur tandis que leur artillerie et blindés commençaient leur repli plus au Nord, vers Vodyane et Pervomaïkoe.

Les forces alliées, principalement des unités d’assaut du 11e régiment républicain (« brigade Vostok) et du 1er bataillon de chars (bataillon Somali) progressent sous les appuis feu de l’artillerie des brigades Kalmius et Korsa ainsi que de l’artillerie et l’aviation d’attaque au sol russes.

« C’est juste l’enfer là bas » a déclaré Zelensky en évoquant les combats autour de Avdeevka Ici
un « barrage de feu » russe sur des positions
ukrainiennes à Marinka, Sud-Ouest de Donetsk

Si le village de Peski est déclaré libéré depuis de 6 août, il y a cependant quelques uns de ses quartiers périphériques en direction de Vodiane au Nord et Pervomaïske au Nord-Ouest soient encore tenues par des dernières unités ukrainiennes couvrant leur repli vers la ligne d’eau formée par les étangs de Pervomaïske, Vodiane et Opitnoe, et sur laquelle va probablement se stabiliser la nouvelle ligne de défense ukrainienne… jusqu’au prochain assaut des forces alliés.

Ici la destruction d’une position ukrainienne située entre l’étang de Peskovkyi et l’église du
monastère de Svyato-Iverskogo Zhinochyy. Tir d’obusier effectué au début du mois d’août

Sur cette autre angle du bombardement russe, on observe la précision du tir et contrairement
aux allégations ukro-atlantistes qui prétendent que c’est l’église du monastère qui a été touchée

Ces dernières résistances ukrainiennes dans Peski se sont regroupées dans le secteur des immeubles les plus hauts du village et surtout derrière une ligne d’eau longue d’environ 1 kilomètres et coupée uniquement par 2 passages (un passage terrestre et une passerelle) formant une barrière naturelle aux progressions alliées. Plusieurs renseignements précisent que des unités ukrainiennes, principalement appuis feu et des compagnies appartenant au 21e bataillon de la 56e brigade ukrainienne, durement amoindries par les bombardements et les combats, se sont repliées vers le Nord tandis que des unités de conscrits et mobilisés mal formées et mal équipées auraient été envoyées pour les remplacer (à confirmer).

À Peski, les forces ukrainiennes ont subi de lourdes pertes sous les bombardements et les assauts de l’infanterie. Ici des soldats ukrainiens ayant été surpris par un bombardement.

Sur le terrain de Peski, devenu lunaire à force bombardements, les forces alliées ont trouvé au milieu des ruines des dizaines de cadavres, des centaines d’armes et des milliers de munitions abandonnées dans la fuite des unités ukrainiennes. Parmi les trophées des documents très intéressants ont été trouvés comme la carte des champs de mines du secteur ou très important comme un cahier de service de l’artillerie ukrainienne portant les identités des assassins qui bombardent et minent les populations civiles de Donetsk depuis des années.et qui bientôt seront convoqués devant la justice des dieux ou des hommes libres.

Obusier étasunien de 155mm M777 devant Donetsk.

À partir de leurs dernières positions au Nord des étangs du village, les ukrainiens tentent de freiner les forces alliées progressant vers Pervomaïske, car la conquête de ce village situé au Nord Ouest de Peski mettrait sous le contrôle opératif des appuis feux républicains la dernière route principale d’approvisionnement logistique du bastion d’Avdeevka. Parmi les moyens utilisés par les ukrainiens on peut observer la présence toujours importante de drones d’observation modifiés pour larguer des munitions explosives :

Près de l’église du monastère vue sur les vidéos précédentes,
un drone ukrainien
largue une munition sur un groupe allié

 

Situation des combats de Peski au 7 août 2022.

Au 7 août, tandis que les bombardements alliés poursuivent la destruction méthodique de toutes les positions ukrainiennes du secteur, et au sol un contournement offensif des 2 étangs a été amorcé à l’Ouest via la route E 50 et à l’Est via la rue Naberezhnaya menant au centre du village.

Les ukrainiens ont dépêché vers les quartiers Nord de Peski des unités de renfort, venant principalement des 56e brigade mécanisée et 110e brigade territoriale tandis que d’autres unités renforcent le longs des étangs la ligne de défense allant de Opitnoe à Pervomaïske sur laquelle des unités d’artillerie de 1er échelon ont été positionnées.

Le 7 juillet, Denis Pushilin, président de la RPD est venu féliciter ses combattants pour la percée
des défenses ukrainiennes réalisée à Peski, sur la
position conquise « Bychatnik » du 21e bataillon

La libération totale de Peski devrait être achevée d’ici quelques jours, sauf en cas d’une contre attaque ukrainienne ce qui reste improbable car c’est l’ensemble des unités de Kiev déployées devant Donetsk sont aussi soumises depuis 10 jours aux mêmes bombardements et assauts terrestres intenses. Cela dit je pense qu’annoncer la libération de Peski, comme on l’entend depuis 2 jours sur la plupart des réseaux propagandistes pro-russes est non seulement  prématuré mais également stupide.

Un succès tactique important 

La libération de Peski, si elle n’est pas une grande victoire stratégique vers Avdeevka, en perçant la première ligne de défense ukrainienne entre Donetsk et Avdeevka est cependant le premier succès tactique et psychologique majeur obtenu sur ce front particulier de Donetsk depuis 8 ans. Cette percée a pu être obtenu grâce à l’appui massif de l’artillerie et la vaillance des unités de mêlée qui sont montées à l’assaut des bunkers ennemis.

Sur cette carte on peut voir l’assaut initial sur Peski, réalisé pendant les premiers jours d’août. Si l’attaque au Nord a été repoussée, celle au Sud a réussi à percer les lignes de défense méridionales du village puis avant d’avancer vers l’Ouest et le monastère par la route E50.

Contrairement à son bouffon propagandiste Arestovitch qui déclare qu’à Peski « les forces ukrainiennes ne reculent pas mais opèrent une « défense mobile » victorieuse », le président ukrainien Zelensky, dépité, a du reconnaître la réalité du rouleau compresseur russe et la défaite continue de ses forces armées.

« Pourtant, nous sommes incapables de briser l’avantage de l’armée russe en artillerie et en effectifs, et cela se ressent beaucoup dans les combats, en particulier dans le Donbass. Peski, Avdeevka, autres directions. C’est juste l’enfer là-bas. Il ne peut pas être décrit avec des mots. » (Volodymir Zelensky le 4 août 2022)

Sur le terrain cette percée de Peski a pour conséquences tactiques :

• De détruire un réseau de fortifications ukrainiennes qui appuyait sur les défenses de Donetsk, et notamment sur le secteur de l’aéroport,

• D’occasionner des pertes importantes au sein des unités régulières défendant le secteur d’Avdeevka,

• De repousser plus loin l’artillerie ukrainienne bombardant Donetsk qui était protégée et positionnée derrière Peski,

• D’ouvrir une progression vers Pervomaïske (5 km) ce qui permettra à partir de cette localité :

– de menacer les autres points d’appui de Vodiane puis Opinoe par le flanc,

– contrôler de menacer avec l’artillerie la logistique du bastion d’Avdeevka,

– de contourner Avdeevka par le Sud avec jonction du contournement Nord,

– de poursuivre une offensive en direction de Krasnoarmeïsk

C’est pourquoi les opérations offensives sont élargies déjà à toutes les routes menant à Avdeevka  et qui souvent par leurs remblais et leurs ponts bétonnés offrent  dans la steppe entre les villages et les villes des lignes où les soldats peuvent accrocher et protéger leurs positions défensives.

Ici près de Peski, une autre position ukrainienne qui se croyait abritée sous le tablier du pont.

Géolocalisation de la vidéo du BTR ukrainien en feu. Il s’agit du pont situé dans le Nord-Ouest de Peski, après le monastère, en direction de Pervomaïske.

À noter, à propos de cette bataille en cours pour le contrôle de Peski que l’artillerie ukrainienne qui est positionnée à l’Ouest d’Avdeevka, plutôt que de riposter sur les unités alliées au combat préfère poursuivre ses bombardements terroristes sur les populations civiles de Donetsk. Tirs d’obus et de roquettes sur les quartiers résidentiels ou leurs minages à distance par dissémination de milliers de mines antipersonnelles « Tulip ».

Le 7 août, au milieu des bombardements meurtriers qui ont fait 3 morts et 11 blessés parmi la population civile de Donetsk, les forces ukrainiennes ont à nouveau disséminé des mines « Petal » (district de Kievsky ») avec des roquettes à sous munitions, ce qui constitue un triple crime de guerre, et qui a même été notifié par Amnesty International.Le 7 août, au milieu des bombardements meurtriers qui ont fait 3 morts et 11 blessés parmi la population civile de Donetsk, les forces ukrainiennes ont à nouveau disséminé des mines « Petal » (district de Kievsky ») avec des roquettes à sous munitions, ce qui constitue un triple crime de guerre, et qui a même été notifié par Amnesty International.

Chaque jour des civils dont des enfants sont tués et blessés au coeur de Donetsk où pourtant il n’y a ni combat ni objectif militaire. Une nouvelle preuve de la haine russophobe et de la lâcheté occidentale qui mènent depuis 8 ans contre les populations du Donbass une guerre à caractère génocidaire.

Le 6 août une nouvelle frappe de l’artillerie ukrainienne détruit un bus à Donetsk tuant 3 civils et blessant 5 autres.
En conclusion

Sur le front de Donetsk, même si le plus dur reste à faire avec l’encerclement et la prise d’Avdeevka (à condition que les « ukrops » veuillent s’y maintenir coûte que coûte), une étape importante vient d’être franchie au cours de ces premières journées d’août, un peu comme lorsqu’une porte lourde finit par craquer face à la pression continuelle exercée sur elle.

À l’horizon des forces alliées menant l’assaut au Nord de Donetsk se profile leur objectif :
le
bastion d’Avdeevka où seraient terrés près de 8000 « ukrops » (points d’appui extérieurs compris)

En plus d’un effondrement physique et moral, les forces ukrainiennes vont devoir rapidement choisir entre s’accrocher à un territoire qu’elle savent perdu et pour lequel elles subissent des pertes quotidiennes catastrophiques.

Aujourd’hui que la victoire des peuples de Russie apparait de plus en plus nettement à l’horizon de ce conflit terrible, ayant probablement déjà fait près de 100 000 morts, l’Ukraine n’a plus que le choix d’accepter sa défaite ou de disparaître totalement.

source : Alawata rebellion



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