• mar. Sep 27th, 2022

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150 alternatives à adopter !


Chaque année, des milliards de tonnes de plastique sont déversées dans l’environnement, contaminant les quatre coins de notre planète, des sommets de l’Himalaya aux profondeurs des océans. Si de nombreuses études ont aujourd’hui révélé les conséquences néfastes du plastique sur les écosystèmes naturels, mais aussi sur la santé humaine, ce matériau continue pourtant de faire partie intégrante de notre quotidien, et s’incruste même jusqu’au jardin ! Pots, outils, sacs de terre, jardinières,… Elke Schwarzer, autrice du livre « Un jardin sans plastique, plus de 150 alternatives durables », a décidé de s’attaquer au problème. Dans son ouvrage, elle explore tous les espaces et les dimensions du jardin et encourage chaque jardinier à adopter des alternatives inventives et originales pour enfin se débarrasser du plastique, y compris dans nos extérieurs !

Depuis 2015, plus de 6,9 milliards de tonnes de déchets plastiques ont été produits à travers le monde.

Seulement 9 % d’entre eux ont été recyclés, alors que 12 % ont été incinérés et 79 % ont simplement été accumulés dans des décharges ou dans la nature. L’espace démentiel qu’occupe le plastique aujourd’hui à chaque coin de notre planète ne cesse de s’accroitre, que ce soit sur les plages, au fond des océans ou dans des décharges à ciel ouvert. Fabriqué à plus de 90% à partir de combustibles fossiles, la surproduction et la surconsommation de plastique compromettent indéniablement la capacité de la communauté internationale à contenir la hausse des température sous la barre des 1,5°C. 

Le plastique fait désormais partie intégrante de notre quotidien. – Photo libre de droits

Le plastique, méga-pollueur 

Au delà de son impact sur le réchauffement climatique, le plastique contamine également de nombreuses formes de vie. Alors que 5000 milliards de morceaux de plastique flottent déjà dans nos océans, certains chercheurs estiment que toutes les espèces d’oiseaux marins mangeront du plastique régulièrement d’ici 2050. D’autres études révèlent la présence de micro plastique dans notre organisme, des composés qui se transmettent à travers tout notre environnement : air, eau et alimentation.

On l’aura bien compris, le plastique fait aujourd’hui bien plus de ravages que de bien à notre santé et à celle de la planète. Les experts de la question sont formels : il faut de toute urgence limiter la production et la consommation de ce matériau extrêmement polluant et persistant. Certaines dispositions politiques se targuent d’ailleurs d’aller dans ce sens.

L’Union européenne a ainsi banni certains plastiques à usage unique comme les pailles et les couverts, alors que la France s’engage à la fin de la mise sur le marché de tous les emballages en plastique à usage unique d’ici à 2040. Mais au vue de l’enjeu, ces mesures sont loin d’être suffisantes, quand elles sont ne serait-ce qu’appliquées

Des initiatives citoyennes

Certains citoyens l’ont bien compris, et s’évertuent depuis quelques années à adopter un mode de vie « zéro déchet ». Cette pratique, qui s’est bientôt imposée comme un véritable mouvement d’action individuelle de protection de l’environnement, s’attache particulièrement à réduire le gaspillage de ressources et la quantité déchets émis au sein du foyer, même si elle revêt petit à petit une conception plus systémique du problème.

Le mouvement “zero waste” prend de plus en plus d’ampleur, notamment en Europe. – Photo libre de droits

Ainsi, faire ses courses en vrac, recycler ce qui peut l’être ou acheter d’occasion est devenu une nouvelle habitude de consommation pour certains d’entre nous. Mais alors que le zero waste s’est particulièrement imposé dans notre cuisine par exemple, qu’en est-il du jardin ? Elke Schwarzer, biologiste, blogueuse et autrice de livres sur le jardin, s’est posé la question :

« Le plastique, c’est pratique et il y en a de toutes les couleurs. Mais il finit par atterrir dans la nature, d’où la présence de déchets hétéroclites et bariolés qui y restent une éternité », constate l’auteure.

Confrontée au paradoxe d’un mode de vie proche de la nature et d’une consommation de plastique notable dans ses activités de jardinerie, Elke Schwarzer a souhaité réfléchir aux alternatives possibles des pots, sacs de terreau, outils et sachets de semis achetés chaque année. 

Un jardin sans plastique, c’est possible

Dans son ouvrage, « Un jardin sans plastique, 150 alternatives durables », elle explore et questionne tous les espaces et dimensions du jardin, de l’achat de plantes aux plantations, de l’arrosage à la fertilisation, en passant par les tuteurs, attaches et clôtures en tous genre.

Au fil des pages, la biologiste allemande nous apprend à traquer le plastique, à débusquer les polymères, à décoder les labels et surtout à mettre en place un mode de culture plus sain dans notre extérieur. 

Couverture de l’ouvrage “Un jardin sans plastique” publié aux éditions du Rouergue. – Crédits : Editions du Rouergue

Richement illustré, ce livre publié aux éditions Rouergue permettra à chaque lecteur de trouver toutes les informations nécessaires pour se débarrasser du plastique jusqu’aux confins de son jardin !

« Il y a une bonne nouvelle : il est plus facile de renoncer aux plastiques dans le jardin que dans la maison. (…) On peut avoir recours à des matériaux naturels, produire son propre terreau, transformer des plantes en engrais, ou même faire pousser une plante pour qu’elle inaugure, dès le stade du germe, une existence libérée de tout plastique », raconte Elke Schwarzer.

Ainsi, adopter de nouveaux récipients insolites comme une veille passoire ou un sac de riz, fertiliser ses plantations à l’aide de purin d’ortie fait-maison ou encore fabriquer ses propres godets à semis à l’aide de papier de journal se présentent comme des alternatives concrètes et créatives.

Une des pages de l’ouvrage. – Crédits : Editions du Rouergue

Faire les bons choix

Malgré tout, il est parfois difficile de se passer totalement de plastique. « Quand on ne peut pas éviter l’achat de nouveaux produits contenant du plastique, ou bien quand il faut s’en séparer, certains points sont à considérer », avertit l’auteure.

Par exemple, choisir des matériaux recyclables dès le départ, comme les polyéthylènes, et les réintroduire dans le circuit du recyclage est un must. De même, chaque élément en plastique dont on ne se sert pas doit être stocké dans un endroit sombre pour ne pas être exposé aux ultraviolets qui le détériorent rapidement et ainsi allonger sa durée de vie au maximum.

En fin de vie, lorsqu’un objet est cassé ou trop rouillé, Elke Schwarzer conseille le surcyclage, une méthode qui consiste à donner une seconde vie à un vieil objet. La bouteille en plastique jetée au fond de la poubelle par votre collègue pourra ainsi servir d’arrosoir permanent pour une de vos plantes en pot une fois percée de trous et enfoncée dans la terre. De même, de vieux bidons s’improviseront comme de merveilleux réservoirs ou jardinières, alors que d’anciennes cloches en verre protègeront vos jeunes plants des limaces et des nuits trop fraîches.

La table des matières de l’ouvrage. – Crédits : Editions du Rouergue

Responsabilités partagées

Finalement, ces différents petits gestes permettront d’instaurer de nouvelles normes de (dé)consommation.  Car si à court terme il est déjà essentiel de supprimer les emballages en plastique superflus difficiles ou impossibles à recycler, il est surtout primordial de développer l’usage de matériaux alternatifs au plastique qui constitueront de nouveaux systèmes réutilisables ou rechargeables pour le transport et le stockage des produits de consommation. A son échelle, chaque citoyen est amené à concrétiser ses changements dans son quotidien, à commencer peut-être par son jardin selon Elke Schwarzer !

Il ne faut toutefois pas minimiser l’impact colossal des entreprises et des services publics. Leurs stratégies et comportements en terme de pollution plastique détermineront en grande partie notre degré de capacité collective à atteindre les objectifs fixés dans ce domaine. Et de fait, notre marge d’action ne saura jamais se limiter à notre consommation. 

L.A.


Image de couverture @Sandie Clarke/Unsplash

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