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Guerre en Ukraine et nucléaire

ByVeritatis

Août 10, 2022


par Candice Vacle.

Un drame se produit actuellement sur le site de la plus grande centrale nucléaire d’Europe, c’est-à-dire la centrale nucléaire de Zaporijia en Ukraine (6 réacteurs). Ce drame peut nous exposer tous à de grands dangers nucléaires.

La centrale nucléaire de Zaporijia, qui sert de base militaire aux Russes, a été prise pour cible militaire. C’est dire l’extrême dangerosité de ce qui se passe sur ce site.

Cette centrale sert à la Russie de « bouclier nucléaire », a déclaré la semaine dernière le secrétaire d’État américain Antony Blinken », et de base de lancement de missiles russes. Il y a sur cette base militaire russe « 500 soldats et 50 véhicules lourds, dont des chars et des systèmes d’artillerie. »[1].

« Elle a été endommagée vendredi et samedi », écrit le Volkskrant, le 8 août 2022[1].

« Trois frappes ont été signalées près d’un des réacteurs nucléaires », écrit la RTBF, le 5 août 2022.

« À la suite de l’attaque de la centrale nucléaire de Zaporijia, le système de protection d’urgence s’est déclenché sur l’un des trois réacteurs en état de marche, qui s’est éteint », a annoncé Energoatom dans un message sur Telegram, selon la RTBF, le 6 août 2022. « Les bombardements ont « gravement endommagé » une station renfermant de l’azote et de l’oxygène et un « bâtiment auxiliaire ». « Il existe toujours des risques de fuite d’hydrogène et de substances radioactives, et le risque d’incendie est également élevé », ajoute la RTBF.

« L’Agence internationale de l’énergie atomique tire la sonnette d’alarme, car de tels faits […] sont porteurs du risque de catastrophe. […] L’ONU exige l’arrêt immédiat des attaques « suicidaires ». L’Agence internationale de l’énergie atomique et l’Union européenne s’inquiètent », écrit la RTBF, le 8 août 2022.

La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) dans son point d’information du 8 août 2022 conclut sur ce bombardement du site de la centrale nucléaire de Zaporijia : « Jusqu’à présent, la situation radiologique semble […] normale. La violation des dispositifs de sûreté et de sécurité n’a pas conduit au déclenchement d’une séquence accidentelle mais il est clair que les marges de sécurité se sont très fortement réduites et que certaines installations sont à la merci d’un simple tir de missile, qu’il résulte d’une erreur humaine, d’une défaillance mécanique ou d’une action délibérée ».

La CRIIRAD dans son point d’information du 27 juin 2022 alertait déjà sur le fait que :

« La situation de guerre [en Ukraine] fait courir des risques radiologiques inédits et préoccupants ». La CRIIRAD mentionne notamment un communiqué du SNRIU (State Nuclear Regulatory Inspectorate of Ukraine) « indiqu[ant] qu’un missile a survolé la centrale nucléaire Sud-Ukraine et rappel[ant] que, depuis le début du conflit des missiles ont survolé également les centrales nucléaires de Khmelnytsky et Zaporijia ». Une pure folie.

Si un missile frappe un réacteur nucléaire en Ukraine, quelles seraient les conséquences (aussi pour les Français) ?

« Si le missile touche les parties névralgiques [du réacteur] (en particulier la piscine des combustibles usés ou les sources de refroidissement), c’est la catastrophe majeure ! » et la « France peut être concernée » par celle-ci, écrit Roland Desbordes porte-parole de la CRIIRAD, le 8 août 2022.

Marcos Buser, géologue, spécialiste des déchets nucléaires et ancien expert de la Commission fédérale de sûreté nucléaire Suisse confirme le 9 août 2022 : « Si le confinement [Il y a 3 barrières de confinement des produits radioactifs contenus dans le cœur du réacteur, la cuve du réacteur et les éléments de combustibles sont atteints et le refroidissement ne peut plus être assuré, ce à quoi il faut s’attendre en cas de tirs de roquettes et d’artillerie puissante, nous avons une fusion du combustible et la libération de radioactivité. Des éléments radioactifs légers se retrouveront dans l’atmosphère. La répartition se fait selon les conditions climatiques du moment, grandes situations météorologiques et précipitations. Voilà en quelques mots le scénario. Pour la Russie, le jeu est dangereux car si le vent tourne en direction de l’est… »

L’IRSN écrit que les produits radioactifs les plus volatiles du cœur du réacteur, sont « l’iode ou le césium ». Est-ce seulement ces éléments radioactifs qui pourraient être transportés par la vent en Ukraine et sur de longues distances (jusqu’en France par exemple) ?

« C’est juste, l’iode 131 et les divers isotopes du césium (137, 134) sont très volatiles, mais on peut trouver tout l’inventaire. En plus, c’est déjà suffisamment grave », précise Marcos Buser[8].

Si un réacteur est frappé par un missile à la centrale nucléaire de Zaporijia, peut-on craindre un incendie pire que celui de la catastrophe de Tchernobyl et qu’alors  davantage d’éléments radioactifs se propagent dans l’air sur de longues distances, voire des milliers de kilomètres ?

Dans le cas d’un incendie aussi grave, n’est-il pas à craindre que peut-être personne ne veuille se sacrifier pour éteindre cet incendie radioactif (ou que cet incendie soit impossible à éteindre) et que les 6 réacteurs de la centrale nucléaire de Zaporijia deviennent incontrôlables ? Si oui alors les quantités de radioactivité libérées seraient colossales et sur une plus longue durée comparées à la catastrophe de Tchernobyl, n’est-ce pas ?

Marcos Buser répond : « Dans un worst-case [pire scénario] c’est exactement ce qui serait à craindre. Dans le cas d’un seul réacteur touché, ça serait déjà une catastrophe »[8].

La guerre en Ukraine nous fait prendre tous les risques nucléaires dont celui d’une guerre nucléaire.

C’est une guerre avec la Russie à la fois deuxième puissance militaire du monde et détentrice de bombes nucléaires. « Londres et Paris seraient pulvérisées dans les 200 secondes suivant le lancement des missiles depuis la base de Kaliningrad, Berlin en 106 secondes », selon des experts de la télévision russe.

La Russie juste avec un tête de missile (sachant qu’il peut y en avoir 15 dans un missile) peut rayer Paris de la carte (et bien plus) ; la Russie peut aussi rayer la France de la carte du monde, explique Idriss Aberkane, multiple doctorant. Il n’existe « aucun moyen d’intercepter les missiles hypersoniques » russes, écrit BFMTV, le 19 mars 2022.

Un mouvement mondial impartial pour la Paix en Ukraine, est-ce une idée ? Est-ce que ça a encore du sens de demander le désarmement de l’Ukraine et des casques bleus pour maintenir la Paix ?

Si oui, alors il y a urgence. Vu l’escalade de cette guerre, cette idée est peut-être déjà obsolète : batailles en Ukraine, livraison d’armes à l’Ukraine par l’Union Européenne et les USA…, l’Iran qui est un nouvel allié de la Russie, les sanctions européennes, l’enveloppe de près de 14 milliards de dollars pour la crise ukrainienne votée par le congrès américain, le Pentagone qui a lundi dernier fait une rallonge d’un milliard de dollars notamment pour les missiles de haute précision Himars…

 © Candice Vacle, 2022



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