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Chine: après les puces électroniques et les capteurs cérébraux, des écoliers surveillés par des stylos connectés

ByVeritatis

Août 13, 2022


La Chine innove encore en matière de surveillance numérique. Après les capteurs d’ondes cérébrales, les caméras connectées reliées à des logiciels de reconnaissance faciale, ou encore le système de puce électronique intégrée dans le col de chemise des élèves pour surveiller leurs faits et gestes, dans l’Empire du milieu, des établissements scolaires du primaire et du secondaire distribuent des “stylos intelligents“ qui indiquent le moment où un écolier se met au travail, combien de temps et ce qu’ils ont écrit. Aussi, des médias chinois ont sonné l’alerte sur cette nouvelle forme de “surveillance”, rapporte Courrier international.

Une mesure déjà répandue dans certaines zones de Shanghai et des provinces de Yunnan, qui sera généralisée fin août au sein des écoles chinoises. Dotés d’une mini-caméra, ces stylos connectés filment la prise de notes des enfants, envoyées en temps réel aux professeurs. Lorsque l’écolier se met à écrire, le professeur reçoit une notification qui l’informe que celui-ci se met au travail. Un outil de surveillance qui mesure aussi bien le temps de travail de l’élève que celui mis pour répondre à une question, données à partir desquelles pourront ensuite être établies des statistiques sur sa performance.

« Aucun enfant ne veut être surveillé pendant qu’il étudie »

Selon l’avis du ministère de l’Éducation chinois, ce dispositif aide au « renforcement de la gestion des devoirs dans les écoles. Les enseignants doivent corriger entièrement tous les devoirs (…) et encourager l’utilisation scientifique d’outils informatiques pour l’analyse et le diagnostic des devoirs ».

Sur Internet, une élève se confie dans un post : « Je suis surveillée (…) j’ai perdu la joie des vacances d’été », avant de se rétracter et de devoir présenter des excuses à son enseignant. « Aucun enfant ne veut être surveillé pendant qu’il étudie », déplore Chengdu Shangbao, journal du Sichuan (province du sud-ouest de la Chine). Plusieurs médias chinois ont ainsi alerté sur une nouvelle forme de surveillance.

Comme il est possible de le constater depuis le déclenchement de la crise du Covid-19, le pays communiste s’est en effet fait une spécialité de mettre en œuvre des mesures de surveillance en tout genre dans les moindres aspects du quotidien des Chinois.

Des capteurs d’ondes cérébrales pour surveiller la concentration des élèves

Comme le relate le Wall Street Journal, un nombre « croissant » de salles de classes en Chine sont équipées de caméras « intelligentes » et de « traqueurs d’ondes cérébrales ». Les élèves qui manquent de concentration en cours sont ainsi repérés à l’aide de l’intelligence artificielle. 

Durant près d’un an, les écoliers de Jinhua Xiaoshun, dans l’est de la Chine, ont ainsi porté d’étranges appareils en forme de serre-tête à placer sur le front, tel un bandeau, qui comporte trois électrodes : l’une est positionnée sur le front et deux autres derrière les oreilles. Ces capteurs sont censés détecter en temps réel les signaux électriques émis par le cerveau, ce qui permettrait de mesurer le degré de concentration ou de détente d’une personne.

Les données sur l’activité électrique du cerveau de l’élève sont recueillies puis transmises sur l’ordinateur du professeur de la classe depuis lequel un logiciel génère des « alertes » sur le « niveau d’attention » de chaque enfant, et délivre un « rapport » d’analyse à la fin de chaque cours, qui est aussi transmis aux parents.

Mais début novembre 2019, la polémique provoquée par cette expérimentation a finalement poussé l’école de Jinhua Xiaoshun à y mettre un terme. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont étrillé le caractère liberticide et anxiogène de cet appareil, dont l’efficacité n’est pas scientifiquement prouvée.

Les parents d’élèves et les défenseurs des libertés individuelles craignaient par ailleurs un manque de transparence sur la collecte et l’utilisation des données transmises par ce dispositif. Un projet gouvernemental de recherche les utilise en effet pour analyser la santé physique et psychologique des enfants, ainsi que leur apprentissage.

Outre ces traqueurs d’ondes cérébrales, d’autres nouvelles technologies ont déjà envahi les salles de classe chinoises : des caméras connectées reliées à des logiciels de reconnaissance faciale surveillent les mouvements des élèves, détectant par exemple s’ils sont en train de lire ou d’utiliser leur téléphone, mais aussi les puces électroniques.

Des puces électroniques pour surveiller les mouvements des élèves en temps réel

« C’est un système de surveillance numérique qui pourrait bien devenir la norme dans les établissements scolaires chinois », relatait le Point en septembre 2021. Une école primaire de la ville de Zhuhai, dans le sud-est de la Chine, avait alors lancé son système de puce électronique insérée dans le col de chemise des élèves en vue, notamment, de collecter des informations concernant la trajectoire des élèves ou le temps qu’ils passent dans les différentes zones de l’établissement scolaire.

« Cette technologie est le fruit de la recherche commune avec une société de technologie de l’information, après avoir étudié certaines failles de la gestion scolaire », expliquait Yan Wengui, le directeur de l’école, non sans fierté.

« Les élèves de l’école primaire Fenghuang peuvent accéder à l’établissement sans avoir à scanner leur carte ou leur visage [via un système de reconnaissance faciale] », annonce avec enthousiasme sur Wechat Zhuhai Tequ Bao, journal de la ville de Zhuhai. Et de préciser : « Les capteurs d’identification installés à l’entrée de l’école détectent la puce intégrée dans le col de l’uniforme scolaire » lorsque l’élève rentre dans le bâtiment.

Mais sur Weibo, autre réseau social dominant en Chine, un internaute fulmine, évoquant une « honte » et comparant le dispositif aux « bracelets électroniques » réservés aux délinquants et criminels. « Cette surveillance en temps réel équivaut aux bracelets électroniques pour les prisonniers », fustige aussi un article d’Aboluo Wang, site d’information sino-américain.





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