• jeu. Sep 29th, 2022

Monde25

le monde des informations alternatives

Frites, fromage, miel… Ces aliments qui pourraient nous manquer cet hiver


Allons-nous manquer de fromage ou de pommes de terre cet hiver ? La question peut prêter à sourire, mais n’est pas si loufoque.

Depuis le début de l’été, la France subit des canicules à répétition, et une sécheresse persistante. Des conditions climatiques qui ont un impact direct sur la production agricole. Reporterre dresse une liste (non exhaustive) des aliments menacés par le manque d’eau.

Dans le Cantal, le Salers est une des premières victimes collatérales de la sécheresse. Ce fromage fermier est fabriqué à partir de lait de vache cru et entier. Pour respecter le cadre de son appellation d’origine protégée (AOP), les vaches laitières doivent être nourries exclusivement à l’herbe. Sauf que ce n’est plus possible : les pâturages du département sont secs. Tout a grillé.

Depuis le 12 août, la production de Salers est donc stoppée, pour une durée indéterminée. «  [Si les vaches étaient nourries] avec plus de foin, la pâte serait plus blanche, on aurait moins d’arômes. Notre produit a quand même une certaine notoriété auprès des consommateurs, on ne veut pas la casser », a justifié à contre-cœur Laurent Lours, responsable de l’AOP, au micro de France Bleu Pays d’Auvergne.

Face à cet arrêt forcé, il sera plus compliqué de trouver du Salers cette année en magasin. Mécaniquement, les prix vont augmenter, pour tenter de compenser la perte financière des éleveurs. « Pour 1 000 litres de lait transformés en cantal [une autre variété de fromage], nous gagnons 200 euros de moins qu’avec le Salers », détaille Laurent Lours à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

Les vaches Salers ne produiront pas le fromage du même nom cette année. © Pierre-Olivier Chaput / Reporterre

La production de Salers est menacée à cause de son cahier des charges très spécifique, mais beaucoup de fromages sont concernés par la sécheresse. « Il est probable [que les vaches] soient moins nourries à l’herbe que les années précédentes », a reconnu Thomas Dantin, représentant des trois indications géographiques protégées (IGP) de Savoie (emmental, tomme et raclette), dans un communiqué.

En outre, le stock des fourrages secs, dédiés à l’alimentation des animaux cet hiver, est d’ores et déjà plus bas que les années précédentes. « Il va falloir vendre des animaux parce qu’on ne va pas pouvoir tous les nourrir. C’est ce qui nous fait craindre une forte baisse de production de lait à l’automne », a prévenu Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait, dans le journal Libération.

« Dans l’Hérault, les récoltes d’été ont été totalement catastrophiques, sur les miels de châtaigniers et de bruyères », se désole Paul Galzin, apiculteur et administrateur de l’Unaf (Union nationale de l’apiculture française).

Pour fabriquer du miel, les abeilles doivent récolter du nectar sur les fleurs. Sauf que lorsque les plantes à fleurs manquent d’eau, la floraison est moins abondante. Pire, en cas de stress hydrique intense, les plantes ferment leurs glandes nectarifères. « Elles produisent peut-être des fleurs, mais il n’y a pas de nectar à l’intérieur », résume Paul Galzin. Résultat : les abeilles n’ont rien à butiner, elles récoltent peu (ou pas) de nectar, et ne font pas de miel. « Sur les récoltes d’été, en faisant le ratio quantité de miel par colonie, j’ai récolté entre quatre et cinq fois moins que l’année dernière », poursuit l’apiculteur.

Les situations varient selon les localisations des ruches, mais globalement, en France, « tous les apiculteurs souffrent de la sécheresse », affirme-t-il. Les stocks de miel (généralement venu de l’étranger) sont importants, une pénurie n’est pas à craindre. Mais dans les mois à venir, il faut s’attendre à des augmentations de prix lors du passage en caisse — notamment pour les miels locaux et artisanaux.

Au Pays basque, la récolte a commencé début août. Bien plus tôt que prévu. À cause du soleil de plomb et des fortes chaleurs, les piments d’Espelette ont mûri plus vite que d’habitude. Conséquence : les voilà plus petits, tâchés, prêts à être jetés par les producteurs.

« Ça fait des semaines que la pluie n’est pas au rendez-vous. Il n’y a plus d’eau disponible dans les dix ou quinze premiers centimètres du sol », déplorait Panpi Olaizola, président du syndicat AOP Piment d’Espelette, au micro de France Bleu Pays basque. Face à cette situation, les producteurs de « l’or rouge » ont obtenu une dérogation pour irriguer exceptionnellement leurs champs. Mais « personne n’est vraiment bien équipé » parmi la profession, relève Panpi Olaizola.

La récolte va s’échelonner jusqu’en octobre. D’ici là, les producteurs attendent la pluie avec impatience. Si l’on peut d’ores et déjà craindre des pertes financières pour les agriculteurs, et une hausse des prix pour les consommateurs, le bilan de la saison ne pourra vraiment se dresser qu’à ce moment-là.

Lorsque les fleurs ont trop soif pour produire du nectar, les abeilles n’ont plus grand chose à se mettre sous la trompe. © Pierre-Olivier Chaput / Reporterre

Même le nord de la France n’échappe pas à la sécheresse cette année. Là, les producteurs de pommes de terre sont désemparés. «  [À cause] des fortes chaleurs, les croissances se sont stoppées. Les pommes de terre ont arrêté de pousser », témoigne pour France 2 Guillaume Traisnel, agriculteur à Linselles (Nord), devant ses plants grillés par le soleil. Une situation inquiétante, quand on sait que la région des Hauts-de-France produit à elle seule 60 % des pommes de terre du pays.

« Ce qui est certain, c’est qu’il n’y aura pas suffisamment de pommes de terre pour satisfaire l’ensemble de la demande », a déclaré Geoffroy d’Evry, président de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre, au journal Libération. Outre le secteur alimentaire, les pommes de terre servent aussi dans les domaines de la papeterie et de l’emballage. Une situation qui, là encore, laisse craindre une hausse des prix.

La liste des cultures touchées par la sécheresse pourrait encore s’allonger. Fin juillet, Reporterre était allé à la rencontre de paysans drômois : leurs courgettes, poivrons et aubergines avaient brûlé au soleil. Dans l’Aisne, le manque d’eau a freiné la production des betteraves sucrières. Bref, rares sont les champs épargnés.

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d’une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner



Source link

One thought on “Frites, fromage, miel… Ces aliments qui pourraient nous manquer cet hiver”
  1. C’est déjà une tragédie parce que les éleveurs vendent plus de bêtes qu’à l’accoutumée, donc, plus d’offre forcée à la vente d’animaux équivaut à un prix de vente plus bas, mais nos génies de la spéculation considèrent qu’il faut garder un certain niveau de prix pour le consommateur, par conséquent Nous allons Subir Tous les Effets… Des Crises!
    Même les patates sont bancales à être présentes cet hiver, c’est dire si les va-t-en-guerre vont trouver du monde motivé pour aller faire le steak haché ukrainien, parce que c’est bien beau de demander aux femmes et aux enfants de se préparer à voir parent 1 et parent 2 partir… à la Mort, mais ils vont bouffer quoi,quand il va commencer à pleuvoir, tout ce qui n’est pas encore mort comme plantation, va prendre cher.
    Où sont les réserves, on sait pertinemment qu’elles existent en conséquence, mais alors, il va falloir aux gens donner l’assaut sur les dépôts ou alors dès maintenant nos imbéciles de décideurs prennent des mesures pour que la grande distribution jette Zéro aliments et fasse à deux centimes le produit invendable car périssable le lendemain.
    Deux centimes, c’est mieux que zéro et une grosse tête au carré pour l’ensemble du personnel des magasins face à une armée populaire affamée.
    Ces gens sont cons, très très cons, ils devront faire comme il faut, mais il y aura déjà eu des morts à cause de la faim, pas forcément des morts de faim, à cause de la faim.
    Non! ces cons balancent aux gens cent euros et pensent que ça va l’faire… mêmes des cons auront compris que c’est impossible, donc, ils veulent notre peau.
    C’est quand la légitime défense dans une situation comme celle-là?

Comments are closed.