• ven. Sep 30th, 2022

Monde25

le monde des informations alternatives

Comment l’extrême droite allemande mène la bataille des idées, par Rachel Knaebel (Le Monde diplomatique, juillet 2017)

ByVeritatis

Août 25, 2022


À l’accueil des bureaux de l’hebdomadaire Junge Freiheit jeune liberté »), dans un quartier cossu de l’ouest de Berlin, une frise donne à voir en une vingtaine de personnages en marche une allégorie de l’histoire allemande : des paysans et des rois, des soldats et des femmes sur le chemin de l’exode. Il y a même Karl Marx et, tout au bout, un manifestant antinucléaire. Mais aucun nazi. La seule trace des douze années de la dictature national-socialiste est un drapeau à croix gammée, tombé au sol, froissé et foulé au pied. M. Dieter Stein, fondateur et rédacteur en chef du journal, a orné le mur de son bureau d’un portrait du comte de Stauffenberg, l’officier de la Wehrmacht qui avait organisé l’attentat manqué contre Hitler du 20 juillet 1944.

« Il y a un courant, pas très important en nombre mais traditionnellement présent en Allemagne, qui nourrit un sentimentalisme pour le IIIe Reich. Ce n’est pas le nôtre. » M. Stein, 50 ans, se veut clair sur la ligne du journal qu’il a créé en 1986, alors qu’il était encore lycéen : national-conservatrice, mais sans lien avec la formation néonazie Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD). Le fondateur détient toujours 15 % de la société éditrice, le reste appartenant aux quelque trois cents actionnaires de la société en commandite, une forme juridique qui permet à M. Stein de récolter des fonds tout en gardant le contrôle du journal.

Sur sa trentaine de pages en grand format, avec sa typographie à l’ancienne et son style souvent empesé, la Junge Freiheit consacre des pages bienveillantes au mouvement des identitaires (30 septembre 2016), reprend à son compte l’expression de « grand remplacement » forgée par l’écrivain français Renaud Camus (16 décembre 2016) et accueille régulièrement dans ses colonnes, et ce depuis 1994, l’une des figures intellectuelles du conservatisme révolutionnaire français, Alain de Benoist.

On lit peu de reportages dans ce journal qui se présente comme un « hebdomadaire de débat », mais beaucoup d’analyses (…)

Taille de l’article complet : 2 211 mots.



Source link