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Ukraine, la guerre à tout prix, par Igor Delanoë (Le Monde diplomatique, septembre 2022)

ByVeritatis

Août 31, 2022


Échec des négociations, surenchère militaire et risque nucléaire

Alors que la logique des armes continue de l’emporter, la Russie cherche à ôter à l’Ukraine toute valeur stratégique. La perspective d’une annexion de nouveaux territoires par Moscou amenuise encore l’espoir d’une trêve négociée entre les belligérants. De leur côté, les alliés occidentaux de Kiev restent flous sur leurs objectifs et sans solution de sortie de la crise.

Près de six mois après le déclenchement par le Kremlin de l’invasion de l’Ukraine, son « opération spéciale » s’est enkystée le long d’une ligne de front qui s’étend des faubourgs de Kharkov, à l’est, aux steppes des rives ukrainiennes de la mer Noire avec le Donbass pour épicentre des combats. Alors que la logique des armes l’emporte, la perspective d’une fin des hostilités paraît lointaine. Car, depuis le sommet d’Istanbul du 29 mars qui a vu les négociateurs russes et ukrainiens se réunir autour d’un projet de traité de paix, le volet diplomatique de la crise est au point mort et les positions se sont durcies.

Lorsque les deux parties se retrouvent à Istanbul le 29 mars, Moscou aborde le sommet avec des attentes maximales qui ont été formulées lors d’une rencontre préparatoire le 10 mars, dans la station balnéaire turque d’Antalya. Afin de conclure un cessez-le-feu, le Kremlin attend de l’Ukraine qu’elle reconnaisse la souveraineté de la Russie sur la Crimée ainsi que l’indépendance des deux républiques populaires autoproclamées de Lougansk et de Donetsk, que M. Vladimir Poutine a formellement reconnues le 21 février au terme d’une longue allocution télévisée. En outre, Kiev doit abandonner toute ambition d’intégrer l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et donc se conformer à un statut « hors bloc », ce qui nécessiterait une modification de la Constitution ukrainienne, où sont gravées les aspirations euro-atlantiques de Kiev. La Russie réclame également l’interdiction des partis, organisations, et sociétés ultra-nationalistes et « néo-nazis », ainsi que l’abrogation des lois qui glorifient des figures historiques considérées comme litigieuses par le Kremlin. Enfin, la langue russe doit être reconnue comme seconde langue d’État. En résumé : Moscou attend une capitulation de l’Ukraine. De son côté, Kiev exige l’arrêt immédiat des combats, et le retrait des forces russes de tout le territoire ukrainien, Crimée comprise.

À Istanbul, les pourparlers russo-ukrainiens durent trois heures. La délégation russe en sort (…)

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