Il aura fallu attendre 22 h 23 avant que les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) ne soient évoqués. Emmanuel Macron (La République en marche) et Marine Le Pen (Rassemblement national) étaient invités, mercredi 20 avril à 21 heures, à présenter leurs programmes au cours du débat télévisé de l’entre-deux-tours. C’est après 1 h 30 d’échanges animés sur la guerre contre l’Ukraine, la situation de l’hôpital français et les retraites que les prétendants à l’Élysée ont défendu leurs mesures en matière d’environnement. « Plus qu’un thème, une angoisse pour les jeunes », selon les présentateurs.

Le président candidat et la femme politique d’extrême droite ont déroulé pendant dix-huit minutes les mesures phares de leurs programmes énergétiques, sans grandes surprises. L’effondrement de la biodiversité, la transition agroécologique ou encore l’adaptation au changement climatique sont en revanche passés à la trappe.

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Marine Le Pen, invitée à s’exprimer en première sur « l’avenir de planète », a déclaré vouloir arrêter « l’hypocrisie » consistant à « refuser de voir que c’est le modèle économique fondé sur le libre-échange qui est responsable d’une grande partie de l’émission des gaz à effet de serre ». La candidate d’extrême droite a présenté comme seules solutions à la catastrophe écologique le « patriotisme économique » et le localisme, sans évoquer la manière dont elle souhaitait améliorer le caractère environnemental de la production française.

Elle a également fait part de son souhait de ralentir la transition écologique : « Il faut qu’elle soit dans le temps, beaucoup moins rapide que ce que l’on impose aux Français. » Une position à rebours du consensus scientifique : selon le Giec, les émissions de gaz à effet de serre doivent plafonner « avant 2025 au plus tard » pour contenir le réchauffement climatique sous le seuil des 1,5 °C.

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Emmanuel Macron, lui, a fustigé un programme « sans queue ni tête ». « Vous êtes climatosceptique », a-t-il lancé à la candidate du Rassemblement national. Dans une probable tentative de séduction des électeurs déçus des scores de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Yannick Jadot (Europe Écologie-Les Verts), le président candidat a déclaré avoir été « très frappé » par les derniers rapports du Giec, et vouloir aller « beaucoup plus vite » que durant son quinquennat, au cours duquel la France a été condamnée pour inaction climatique.

Emmanuel Macron a également réaffirmé son souhait de nommer un Premier ministre chargé de la planification écologique. Pendant un (très) court instant, le candidat a fait les louanges de la sobriété et de la rénovation énergétique, « formidables sources d’économies d’énergie et d’emplois ». La conversation a cependant très rapidement bifurqué sur le mix énergétique, éclipsant totalement les autres champs de l’écologie.

Le nucléaire à fond

« L’enjeu des transports, premier secteur émetteur de gaz à effet de serre, n’a pas été traité, a déploré sur Twitter Anne Bringault, du Réseau Action Climat (RAC). Quel rythme de transformation de l’industrie auto, quels investissements pour le ferroviaire, quelle évolution du trafic aérien ? Nous ne saurons pas. »

L’industrie, le logement et l’agriculture n’ont pas suscité davantage d’intérêt. Silence également sur la diplomatie climatique, la raréfaction des ressources, le déclin massif de la vie sauvage, l’artificialisation des sols ou encore la pollution chimique. L’écologie a été abordée non comme un modèle de société à inventer, mais comme un simple problème technique.

Dans leurs costumes de présidentiables, une photo du palais de l’Élysée en arrière-plan, les candidats se sont contentés de débattre de la place à accorder au nucléaire et aux énergies renouvelables. Côté extrême droite, on prône la mise à l’arrêt des projets photovoltaïques et éoliens, ainsi que le démantèlement des éoliennes déjà en place. Et tant pis si l’ensemble des scénarios énergétiques, de l’association Négawatt au Réseau de transport d’électricité (RTE), jugent impossible d’atteindre la neutralité carbone sans elles. La candidate a également évoqué son souhait de lancer vingt nouveaux EPR, au mépris de toute « rationalité technique », selon le spécialiste de l’énergie Nicolas Goldberg.

Côté LREM, on prône un développement conjoint du nucléaire et des renouvelables, notamment de l’éolien offshore, du solaire domestique et de l’agrivoltaïsme. « Il n’y a pas de stratégie de sortie des énergies fossiles qui passe par le tout nucléaire », a dit M. Macron, qui souhaite tout de même construire six nouveaux réacteurs. Selon le Réseau Action Climat, ces derniers ne pourront entrer en service qu’en 2037 au plus tôt.

Un « vide abyssal, irresponsable »

Avant cet échange, les enjeux énergétiques avaient déjà été brièvement évoqués via la question du pouvoir d’achat. Pour aider les Françaises et Français à faire face à la hausse des prix de l’énergie, Marine Le Pen propose de baisser la TVA sur le gaz et les produits pétroliers de 20 à 5,5 %. Elle a également affirmé être contre le blocage des importations de gaz et de pétrole russe, qui contribuent à financer le régime de Vladimir Poutine. Le chef de l’État sortant a quant à lui déclaré vouloir « dépenser l’argent public pour aider les ménages à rénover leur logement ou à changer de véhicule ». Sans donner de pistes concrètes pour le faire.

« Ce débat confirme (s’il le fallait) qu’aucun des deux candidats finalistes de cette élection n’a la volonté de prendre les mesures structurantes qui s’imposent pour faire face à l’urgence climatique », a réagi Greenpeace France sur Twitter. « Rien de neuf pour Emmanuel Macron, alors que son programme est insuffisant pour respecter l’Accord de Paris. Marine Le Pen a confirmé ses propositions néfastes pour le climat », a regretté Anne Bringault, du RAC. Le climatologue Christophe Cassou s’est quant à lui ému du « vide abyssal, irresponsable » de ces échanges, qui ont fait l’impasse sur les « transformations sociales et systémiques traversant tous les secteurs ».

La légèreté avec laquelle les enjeux écologiques ont été traités au cours des près de trois heures de ce débat présidentiel n’est pas sans rappeler le peu de temps accordé à l’environnement au cours des derniers mois. Selon L’Affaire du siècle, le climat n’a en moyenne occupé que 5 % du temps d’antenne durant la campagne.

En fin d’émission, après s’être étendue sur « l’ensauvagement de la France » et « l’immigration anarchique et massive », Marine Le Pen a jugé « un peu courte » la séquence dédiée à l’insécurité. Le laps de temps accordé à ce qui constitue la « menace la plus grave pour notre planète » n’a en revanche choqué aucun des deux candidats.

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One thought on “un « vide abyssal » sur l’écologie”
  1. C’est un véritable torche-cul cet article entièrement dédié au candidat Macron, tout dedans est fait pour masquer l’inanité du président sortant, un véritable sac vide s’est présenté devant les Français pour leur faire croire que tout ce qu’ils ont décriés durant ces cinq ans était dû à leur mauvaise compréhension et perception des choses, il n’a fait que du bon boulot et pris que les bonnes décisions, c’est donc un super chef que seuls des connards ne voudront pas réélire.
    He bien, tout ça c’est du caca!
    Marine Le Pen a remporté ce débat haut la main, Macron s’est montré d’une stupidité abyssale à vouloir se donner des airs professoral, comme d’habitude, l’arrogance et le narcissisme l’habitent continuellement si bien qu’il ne peut exprimer réellement que son mépris des autres, de tous les autres, nous mêmes par conséquent, donc, celles et ceux qui voteront pour une telle chose n’ont aucune conscience d’eux-mêmes.
    Nous avons vu, comme l’a si bien dit Marine, un président, Hypocrite et un candidat qui l’était encore plus.
    Nous avons vu un homme qui n’a aucune perspective pour l’avenir et est un vassal total des maîtres de l’Europe, la désagréable et persistante pleurniche internationale, qui n’est que menaces, agressivité et violences continuelles et permanentes contre nous.
    Lors de ce débat, toutes celles et ceux qui comprennent les contraintes qui obligent chacun dans ce pays et quasiment dans le monde à ne pas pouvoir exprimer librement des idées qui dérangent, peser sur les épaules de Marine, on ne peut pas dire les choses avec vérité sinon on se fera broyer par la machine hyper-puissante de la propagande à exclure.
    Marine présidente, c’est l’assurance que la paix va être restaurée parce qu’elle est ouverte à toutes sortes d’options pour y parvenir, la première étant de ne pas impliquer notre pays et notre peuple dans une guerre contre la Russie, si elle est élue, elle déjouera les plans des satanistes.
    Sa volonté est manifestement de ramener auprès des Français ce que leurs grands parents ont construits et légués,, c’est de ne plus être un pays godillot de la diasporas internationale parasite, c’est tout simplement de remettre entre nos mains notre nation.
    Seront traitres à cette nation toutes celles et ceux qui déposeront un bulletin Macron dans l’urne dimanche.
    Le climat, le Giec, on s’en fout, si les jeunes sont préoccupés véritablement par le sort de cette planète, alors qu’ils fassent de gigantesques autodafés de leurs consoles, portables, de toutes ces technologies de merde dont ils sont si friands et qu’ils utilisent en permanence, qu’ils commencent eux-mêmes à faire ce qui doit être fait pour l’amélioration des choses ou qu’il nous foutent la paix si cette planète sera invivable pour eux dans l’avenir, car ils sont les premiers destinataires de toutes les merdes qui contribuent de manières évidentes au dérèglement climatique, le marché c’est eux-mêmes, alors qu’ils renoncent à ce faux confort pour une planète plus saine.
    La menace la plus grave pour notre planète est cette jeunesse conne qui ne veut pas se regarder et considérer les choses avec un peu d’attention, elle est coupable mais veut se faire accusatrice, ça passera pas.

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