Des soutiens de Julien Assange, dont son épouse, se sont réunis à Bruxelles alors que la justice britannique a donné son feu vert à la remise du journaliste à la justice américaine. Le lanceur d’alerte risque 175 ans de prison aux Etats-Unis.

De nombreux soutiens de Julien Assange se sont mobilisés à Bruxelles le 23 avril pour faire pression sur le Royaume-Uni, où est emprisonné le lanceur d’alerte, mais aussi sur l’Union européenne. Le journaliste peut prochainement être extradé vers les Etats-Unis où il risque une peine de 175 années de prison.

Présente à cette manifestation, Stella Assange, l’épouse du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, a demandé au gouvernement britannique de ne pas signer son décret d’extradition, estimant que son sort dépendait désormais d’une «décision politique [qui] aura des répercussions pour toute l’Europe».

Le 20 avril, la justice britannique a formellement donné son accord pour la remise de l’Australien de 50 ans à la justice américaine, qui le poursuit notamment en vertu d’une législation contre l’espionnage. Il revient néanmoins à la ministre britannique de l’Intérieur Priti Patel de signer un décret d’extradition.

«Nous avons quatre semaines pour transmettre nos observations à Priti Patel avant qu’elle ne prenne sa décision. Si elle signe le décret […] nous pourrons faire appel sur les questions de fond n’ayant pas encore fait l’objet d’un appel, comme la liberté de la presse ou la motivation politique des poursuites», a-t-elle expliqué dans un entretien à l’AFP.

«Les motifs d’appel au Royaume-Uni sont très limités, car le traité d’extradition penche fortement en faveur des Etats-Unis, sans permettre l’examen des allégations américaines […] Nous irons jusque devant la Cour européenne des droits de l’Homme s’il faut», a ajouté l’avocate sud-africaine. 

«Il s’agit d’un problème européen : le cœur des valeurs démocratiques est en jeu ; ce qui sera décidé aura des répercussions pour tout le monde, pour les journalistes, partout en Europe», a-t-elle insisté, jugeant que s’ouvre «une fenêtre» pour sensibiliser les opinions et faire valoir à Londres «des arguments politiques».

Les Etats-Unis veulent juger le fondateur de WikiLeaks pour la diffusion, à partir de 2010, de documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan.

Julian Assange avait été arrêté en 2019 après avoir passé plus de sept ans réfugié dans l’ambassade d’Equateur à Londres. Il est depuis détenu dans une prison de haute sécurité près de Londres, où il a épousé le mois dernier Stella Moris, son ex-avocate.

Pour Stella Assange, le sort de son mari dépend «entièrement du politique». Soucieux de ne pas froisser Washington, Londres «se contentait de dire qu’il laissait la justice se prononcer. Maintenant, les tribunaux ont confirmé l’ordre d’extradition, il n’y a plus d’excuse : le gouvernement britannique doit décider seul dans les prochaines semaines si Julian sera extradé», a-t-elle souligné.

«Le gouvernement britannique est placé dans une position où il condamne les crimes de guerre en Ukraine et va devoir montrer s’il est prêt à extrader un journaliste pour avoir dénoncé des crimes de guerre», a-t-elle observé.



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