Il y a près de dix ans, le Rana Plaza s’effondrait au Bangladesh, faisant plus de 2 500 blessés et causant la mort de 1138 personnes qui travaillaient dans des ateliers de confection pour le compte de grandes marques de mode. Horrifiés par cette tragédie humaine qui révélait au grand jour les dessous de l’industrie du textile, certains citoyens s’unirent à travers le monde dans le souhait de faire évoluer les pratiques du secteur. C’est le cas de l’organisation Fashion Revolution, qui lutte depuis cette catastrophe pour une mode plus propre, sûre et équitable. C’est dans cette optique que ses membres organisent chaque année la Fashion Revolution Week, un événement de rencontre, de sensibilisation et d’information qui prend place dans plus de 95 pays du monde, dont la France. Ouvrez vos agendas !

Le 24 avril 2013, le monde prenait conscience des dessous effroyables de l’industrie textile. Alors que l’effondrement du Rana Plaza provoquait la mort de 1138 ouvriers et blessait 2500 autres personnes, les citoyens du monde entier se sont interrogés sur les conditions de fabrication de leurs vêtements.

Quelle réalité se cache derrière mon t-shirt préféré ? Les dérives de la fast fashion surgissaient enfin dans le débat public, dévoilant ainsi les tragédies humaines et environnementales qui jalonnent le parcours de fabrication et la surconsommation de nos vêtements.

La Fashion Revolution Week s’organisera du 18 au 24 avril cette année. – Crédit : Fashion Révolution France

Depuis 10 ans, les victimes de la fast fashion se multiplient

Près de dix ans plus tard, le marché de l’industrie textile ne cesse pourtant de croitre, à l’image du monstre chinois Shein qui a vendu en 2020 près de 10 milliards de dollars de vêtements à travers le globe. Plébiscitée par les plus jeunes générations avides de style et de produits à bas prix, la plateforme de vente en ligne propose en moyenne 10 000 nouveaux produits par mois, soit autant que que ce que la marque Zara, leader de l’industrie, offre sur une année complète. Zara par ailleurs impliquée dans l’exploitation des ouighours comme une longue liste d’autres marques industrielles. 

Avec ces collections éphémères et sans cesse renouvelées, des prix défiants toute concurrence et aucune traçabilité du parcours de confection des produits, Shein, comme d’autres géants de l’industrie, s’affiche ainsi en symbole d’une fast fashion qui n’en finit plus de faire des victimes. Depuis l’extraction massive de matières premières, jusqu’à leur fin de vie dans des décharges submergées, en passant par l’exploitation des humains, l’usage de produits toxiques et néfastes pour l’environnement, ainsi que la pollution de l’import-export.

 

Une autre vision de la mode

En marge de cette réalité, certains persistent heureusement à se battre pour ouvrir une autre voie : celle de la mode éthique et durable. C’est le cas de l’organisation Fashion Revolution, qui fait campagne depuis la catastrophe du Rana Plaza pour un système de mode propre, sûr, équitable, transparent et responsable en se basant sur la recherche, l’éducation et le plaidoyer.

Aujourd’hui, le mouvement est mondial : avec plus de 95 pays impliqués dans la démarche à travers le monde, une vision collective de la mode s’est bâtie.

Suite à l’effondrement du Rana Plaza, des travailleurs de l’industrie textile ont manifesté contre leurs conditions de travail. – Crédits : Solidarity Center on Flickr.

Ensemble, les différents membres de l’organisation entendent préserver, rétablir et restaurer l’environnement tout en privilégiant les personnes plutôt que la croissance et le profit. 

Pour ce faire, le mouvement organise partout dans le monde des événements, des prises de paroles dans les écoles et les universités, un accompagnement des marques dans leur transition et des ateliers de pratique (réparation, upcycling, customisation). « Autant de solutions pour soutenir la prise de conscience et le changement d’usage des consommateurs »,  peut-on lire sur leur site internet.

La Fashion Revolution Week, un évènement pour s’informer et se mobiliser

C’est dans cette optique que la Fashion Revolution Week (FRW) voit le jour chaque année, rassemblant le plus grand mouvement d’activisme de la mode au monde pour sept jours d’action autour de l’anniversaire de l’effondrement de l’usine Rana Plaza, à Dacca au Bangladesh.

Cette année, la campagne se déroulera du lundi 18 au dimanche 24 avril. En France plus précisément, plusieurs activités seront proposées à Paris, mais aussi à Marseille, Clermont-Ferrand, Lyon, Rennes et Nantes. Pas d’inquiétude pour ceux qui ne pourront accéder à ces espaces ! L’événement à également lieu en ligne, notamment sur le compte Instagram de l’organisation.

Au programme : conférences et talks avec des personnalités inspirantes, des associations et ONG partenaires, des économistes, ou des chercheurs internationaux et des professionnels du textile, mais aussi des ateliers ouverts au public pour sensibiliser le plus grand nombre aux impacts de nos vêtements et aux solutions qui existent pour consommer moins mais mieux.

Des ateliers de confection seront proposés durant la Fashion Revolution Week 2022. – Pixabay

Argent et pouvoir : les grands enjeux de l’industrie de la mode

Avec pour thème MONEY FASHION POWER, cette édition de la Fashion Revolution Week entend exposer les profondes inégalités, mais aussi les abus sociaux et environnementaux qui existent dans les chaînes d’approvisionnement de la mode.

« Nous partons du constat que l’industrie de la mode, telle qu’elle est aujourd’hui, repose sur l’exploitation du travail et des ressources naturelles. La richesse et le pouvoir sont concentrés dans les mains de quelques-uns, et la croissance et le profit sont récompensés par-dessus tout », explique l’organisation dans un communiqué de presse. Pendant ce temps-là, la majorité des personnes qui fabriquent nos vêtements touchent un salaire minimum qui ne leur permet pas de subvenir à leurs besoins fondamentaux et ressentent déjà les impacts de la crise climatique, que l’industrie de la mode alimente.

Face à ces constats, l’organisation internationale « appelle les citoyens du monde à s’unir pour un nouveau système de mode régénérateur, réparateur et révolutionnaire ». Ces membres souhaitent par exemple poser les bases de réflexion pour de nouvelles lois sur les salaires de subsistance des ouvriers du textile. Afin de faire pression sur le monde économique et politique, Fashion Revolution fournira également à ceux qui le désirent des outils permettant « d’engager un dialogue avec leurs marques préférées, d’exiger une plus grande transparence dans la chaîne d’approvisionnement de la mode et de soutenir les petites entreprises pionnières (…) ».

Que vous soyez étudiant, designer, producteur, détaillant, éducateur, membre d’un syndicat ou citoyen, vous pouvez déjà télécharger le guide numérique gratuit Get Involved pour agir tout au long de la Fashion Revolution Week. Enfin, retrouvez le programme complet de l’événement sur le site internet de la FRW pour rejoindre le mouvement.

L.A.

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