C’est la question que certains se posent déjà. Les pays de l’OTAN comptent élargir leur secteur de coopération avec les pays d’Asie. Cela a été déclaré lors d’une récente réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance à Bruxelles.

Nous sommes habitués à parler de l’élargissement de l’OTAN vers l’est, mais cette fois il est question de l’Asie orientale et de la région Asie-Pacifique. Les ministres réunis ont évoqué l’éventualité d’un élargissement de la zone de responsabilité de l’Alliance. Au XXIe siècle, l’OTAN considère la Chine comme sa nouvelle menace. Le rapport « OTAN 2030 : Unis pour une nouvelle ère », publié en 2021, qui constitue la base d’une nouvelle stratégie de l’Alliance, stipulait déjà que la Chine devait être prise non seulement comme un partenaire économique ou un acteur dans le secteur de la sécurité asiatique, mais plutôt comme un rival stratégique à part entière.

L’invitation à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Asie-Pacifique (Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande) confirme le « virage vers l’Est » de l’OTAN, qui devait être consigné dans le nouveau concept stratégique de l’Alliance préparé à l’adoption au sommet de juin de l’OTAN à Madrid.

Ces mêmes pays sont désignés comme partenaires clés pour les États-Unis dans cette région, et avant tout dans le secteur politico-militaire. Rappelons que la stratégie américaine parle également de la volonté de renforcer la coopération militaire et l’interaction avec l’OTAN dans la région. Et la réponse ne s’est pas faite attendre.

« Le nouveau concept stratégique tiendra compte pour la première fois de l’influence grandissante et de la politique coercitive de la Chine sur la scène mondiale, qui représentent un défi systémique pour notre sécurité et nos démocraties », a déclaré le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg à l’issue de la réunion ministérielle. Et d’ajouter : « La Chine a rejoint Moscou en remettant en cause le droit des États à disposer d’eux-mêmes. Chaque fois que les puissances autoritaires s’opposent à l’ordre mondial fondé sur des règles, il devient encore plus important pour les démocraties de s’unir et de défendre nos valeurs. C’est pourquoi je m’attends à ce que nous nous entendions sur l’approfondissement de la coopération de l’OTAN avec nos partenaires dans la région Asie-Pacifique. »

Toujours le même discours sur la démocratie, les valeurs et un « ordre fondé sur des règles ». Cela ressemble à un mot de passe pour entrer dans les structures multilatérales créées par Washington dans la région euro-atlantique et Asie-Pacifique pour endiguer la Russie et la Chine. Sachant que « l’opération militaire spéciale » russe en Ukraine devient un prétexte pour accuser désormais la Chine, parce qu’elle ne l’a pas condamnée et n’a pas l’intention de le faire, tout comme elle a l’intention de poursuivre la coopération avec la Russie dans plusieurs domaines.

Même si, outre la coopération politico-militaire avec les partenaires de l’Asie-Pacifique, l’OTAN parle de renforcer la coopération avec eux dans un contexte plus large, y compris les domaines tels que le cyber, les nouvelles technologies, la désinformation, la sûreté maritime, le changement climatique et la résilience.

Ces efforts de l’OTAN, tout comme lors de l’élargissement de l’Alliance dans la région euro-atlantique, conduiront au renforcement du potentiel conflictuel en Asie orientale et en Asie-Pacifique, car l’Alliance s’y engage clairement avec l’intention de « se lier d’amitié contre quelqu’un ». Ce qui, à son tour, incitera la Chine et la Russie à se rapprocher davantage, à dévoiler davantage le potentiel de leur coopération stratégique.

source : Observateur Continental



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