Dernier envol pour Jacques Perrin. L’acteur, réalisateur et producteur s’est éteint jeudi 21 avril à Paris. Il laisse derrière lui une œuvre prolifique, marquée en particulier par d’immenses documentaires animaliers.

Il a ainsi produit le film Microcosmos — Le peuple de l’herbe (1996), réalisé par Claude Nuridsany et Marie Pérennou, avant de se lancer dans la réalisation des documentaires animaliers Le Peuple migrateur (2001), Les Ailes de la nature (2002), Océans (2009), Le Peuple des océans (2011) et Les Saisons (2016) sur la vie d’une forêt. « Des films pharaoniques exigeant des années de préparation en recherches scientifiques, en repérages dans le monde entier, en conception de matériel. Pour Microcosmos, il [falllut] construire de très coûteux outils capables de suivre des actions et de capter des émotions à l’échelle du millimètre ou du dixième de millimètre. Pour Le Peuple migrateur, des mois [avaient été] nécessaires pour habituer les oiseaux à la présence des machines volantes lestées de caméra », rappelle le quotidien Le Monde.

Image tirée du film Microcosmos.

Ces réalisations ambitieuses avaient séduit un très large public et raflé de nombreuses récompenses. Ainsi, en 2016, Microcosmos était en tête des dix documentaires français les plus vus au cinéma les trente années précédentes avec 3,5 millions d’entrées, avait reçu cinq César et avait été nommé au Festival de Cannes. Il était immédiatement suivi d’Océans (2,9 millions d’entrées, César du meilleur documentaire) et du Peuple migrateur (2,75 millions d’entrées). Le film Les Saisons, avec ses 993 297 entrées enregistrées à l’époque, figurait également dans ce classement.

Ce travail avait ouvert les yeux de Jacques Perrin sur les périls encourus par la planète et ses habitants. Il s’était ainsi engagé dans le soutien de plusieurs initiatives et associations de protection de l’environnement. « L’écologiste a soutenu notre démarche d’achat de terrains pour les rendre à la nature. Il nous a fait le grand honneur de parrainer la toute première réserve de vie sauvage dans la Drôme (Le Grand Barry), celle du Trégor dans les Côtes-d’Armor, et d’inaugurer celle des Deux-Lacs, près de Montélimar », raconte ainsi l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) dans un message d’hommage publié sur Facebook. « Nous puisons nos rêves dans la nature indomptée et rebelle. Elle éveille notre curiosité d’enfant et nous ressource en affichant une infinie diversité. Multiplier les réserves, c’est laisser aux hommes à venir des jardins secrets pour s’y perdre », aurait déclaré l’homme de cinéma à cette occasion. Avant de poursuivre : « Chaque fois que nous avons su offrir à la nature un espace de liberté, elle s’est de nouveau épanouie dans toute son exubérance et sa diversité. La nature se débrouille très bien toute seule, elle n’a nul besoin que nous l’entretenions. »

« Il a parrainé la toute première réserve de vie sauvage dans la Drôme »

Jacques Perrin avait également participé à l’inauguration de la réserve naturelle de Ploubezre (Côtes-d’Armor) et parrainé le centre de soin pour la faune locale de Château-Gontier-sur-Mayenne (Mayenne).

Une ribambelle d’hommages de la part d’écologistes

Le documentariste occupe également une place particulière dans la formation et le cœur de nombreux écologistes et amoureux de la vie sauvage. François Sarano, océanographe et plongeur, s’était confié au micro de Reporterre sur ce que lui avait apporté la rencontre avec le réalisateur, lors du tournage du film Océans. La coréalisatrice de La Panthère des neiges Marie Amiguet avait également rendu hommage aux documentaires Le Peuple migrateur et Océans de Jacques Perrin, qui ont participé parmi d’autres à sa « sensibilité » pour le monde animal, dans l’interview qu’elle nous a accordé. Le youtubeur Nicolas Meyrieux a lui aussi évoqué son « déclic environnemental » en 2009, devant Océans – qui l’a conduit à lancer sa chaîne La Barbe consacrée à l’écologie. « C’est grâce à toi, Jacques, que je suis devenu ce que je suis aujourd’hui. (…) Quand j’étais encore qu’un enfant, j’avais un rêve irréalisable et complètement fou qui était de voler avec des oiseaux. Grâce à toi, j’ai touché ce rêve », l’a également remercié sur Facebook le soigneur animalier normand Frédéric Profichet, qui l’avait assisté sur le tournage du Peuple migrateur.

« Le Peuple migrateur est en deuil », a également salué la Ligue de protection des oiseaux (LPO) sur Twitter.

Jacques Perrin avait commencé sa carrière comme acteur, et il avait été un acteur majeur de films attachants, comme Le crabe-tambour, de Pierre Schoendoerffer, ou Z, de Costa-Gavras.

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