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Steve Bandoma. – « No Dirty Money ! » (Pas d’argent sale !), 2015

Galerie Magnin-A, Paris

Sommet de la francophonie, Kinshasa (République démocratique du Congo, RDC), automne 2012. Fraîchement élu, le président François Hollande adopte une distance remarquée à l’égard de certains chefs d’État africains — notamment l’hôte de l’événement, M. Joseph Kabila. Le nouveau locataire de l’Élysée entend ainsi signifier la fin de toute complaisance envers les régimes qui s’affranchissent des principes démocratiques. Durant sa campagne, n’avait-il pas promis de rompre avec la « Françafrique », en proposant « une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité » ?

Au terme de son mandat, en janvier 2017, lors du sommet Afrique-France de Bamako, le même M. Hollande salue un aréopage de quelque soixante délégations où ne figurent ni M. Kabila ni M. Omar Al-Bachir, le président soudanais, recherché par la Cour pénale internationale. Personne, cette fois, ne subit son ostracisme. Dans son sillage, M. Pierre Gattaz, président du Mouvement des entreprises de France (Medef), cornaque une soixantaine de chefs d’entreprise venus faire leur marché…

M. François Fillon (Les Républicains) au Sahel, M. Emmanuel Macron (En marche !) en Algérie, Mme Marine Le Pen (Front national) au Tchad… L’empressement avec lequel les candidats à l’élection présidentielle française parcourent l’Afrique depuis des mois donne à penser que la rupture avec la « Françafrique » est loin d’être consommée. Mais, depuis la fin des années 1970, les chefs d’État français ne l’ont-ils pas tous promise sans jamais la mettre en œuvre ?

Quelques décennies après son lancement, en 1955, par le président ivoirien Felix Houphouët-Boigny, qui lui donnait un sens positif, l’expression « France-Afrique » a cédé la place à une variante laconique : « Françafrique ». Ce néologisme péjoratif fut formulé pour la première fois en 1998 par l’économiste français François-Xavier Verschave dans un livre qui suscita la controverse. Utile pour caractériser les relations incestueuses entre la France et ses anciennes colonies africaines, en particulier (…)

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