Les Antilles françaises ont porté ce dimanche 24 avril le dernier coup de poignard à Emmanuel Macron.

Après avoir rejeté, avec la grande fermeté, la vaccination obligatoire imposée par la Métropole, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane ont sévèrement puni le plus jeune président de la Vème République ce 24 avril lors du scrutin du second tour de la présidentielle française.

En effet, d’après les derniers chiffres obtenus par Lecourrier-du-soir.com, Marine Le Pen a raflé la mise en Martinique où elle remporte 60,87% des suffrages exprimés, soit 73 000 voix contre seulement 39,13% pour Emmanuel Macron. En Guyane, la presse locale parle de “raz de marée” de Marine Le Pen.

Ainsi, si l’on en croit les derniers chiffres publiés par le média guyanais FranceGuyane.fr, le Rassemblement National est arrivé largement en tête dans ce territoire d’outre-mer, avec 60,70% des suffrages, soit 21 000 voix contre seulement 39,30% des voix (14 073 voix) pour La République en Marche.

En Guadeloupe où la colère anti-Macron a été très forte depuis le début de la pandémie, le président sortant a été très sévèrement corrigé par sa rivale d’extrême-droite qui remporte 69,70% des voix, d’après le média Guadeloupe.FranceAntilles.fr. Dans ce territoire d’outre-mer, Emmanuel Macron n’a récolté qu’environ 30% des voix.

A l’issue de ce second tour, il a donc été très clair que la politique du président Emmanuel Macron, qui arrive en tête du second tour de la présidentielle avec plus de 58% des voix, a été massivement rejetée par les Antilles françaises qui, lors du 1er tour, avait largement contribué à faire de Mélenchon la troisième force politique de la France.

Derrière cette claque infligée à Macron en outre-mer, il y a des explications. En effet, la vaccination obligatoire qui a provoqué un bras de fer très tendu entre Paris et les DOM-TOM y est sûrement pour beaucoup. Mais, ce n’est pas la seule explication. Il faut également rappeler que le fin des enquêtes sur le très grave scandale du chlordécone (pesticide qui a provoqué le cancer de milliers d’Antillais) n’a pas été digérée par les citoyens français de ces territoires qui accusent Paris de “crime colonial”.

Et ce n’est pas tout. Les causes de ce rejet de la politique de Macron pourraient résider dans le fait que les habitants des territoires français d’outre-mer ont le sentiment d’être des citoyens de seconde classe, des vaches laitières, bonnes à payer des impôts et dont les us et coutumes ne sont mis en valeur par la Métropole que lorsqu’ils servent à renflouer les caisses de l’Etat.

Il faut dire que la fermeture (en 2020) de la chaîne de télé France Ô (exclusivement dédiée aux Antilles) est perçue par les citoyens français de ces territoires comme un mépris et une trahison de la part d’un chef d’Etat qui avait pourtant promis (avant son élection en 2017) qu’une telle suppression n’aurait jamais lieu sous son mandat.

““France Ô sera maintenue, je vous assure. Il n’y aura pas de suppression de France Ô”, disait Emmanuel Macron en 2017 en pleine campagne présidentielle. Pourtant, il n’aura fallu que deux ans seulement pour que le président français change de discours et décide d’adopter un ton plus subtil (pour masquer l’assassinat programmé de France Ô) en évoquant la nécessité d’avoir “plus de décrochages ultramarins sur France 3, sur France 2”.

Si Emmanuel Macron n’a pas su tirer les leçons de cette cuisante défaite dans les Antilles françaises, c’est qu’il n’a visiblement rien compris. La Martinique, La Guadeloupe, la Guyane… sont des territoires français qui en ont marre d’être relégués au second plan. Ils (ces territoires) réclament plus de justice, plus d’égalité, plus de respect et de considération.

Ils en ont marre d’être les éternels oubliés d’une République pour laquelle ils ont versé leur sang et à laquelle ils ont tout donné. P





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