Marion Maréchal réussira-t-elle à recoudre la robe déchirée de la droite nationale ? La nièce de Marine Le Pen, qui reste une figure d’espoir pour la droite patriote, est incontestablement la mieux placée pour réussir cette tâche. Mais le défi est désormais considérable, tant les coups échangés entre les deux camps ont été rudes pendant et après cette campagne présidentielle. Ce 26 avril, sur RTL, Marion Maréchal, désormais vice-présidente de Reconquête, a multiplié les signes d’apaisement. Non, Reconquête ne veut pas piloter un éventuel mouvement commun avec le RN si jamais un accord se dégageait : l’influence dépendrait bien sûr « du poids électoral de chacun », explique-t-elle. « Personne n’a contesté cela, personne n’a dit le contraire. » Cela va tout de même mieux en le disant…

Car, certes, Reconquête a des éléments à faire valoir auprès de Marine Le Pen pour peser dans la négociation avant l’attribution des circonscriptions pour les législatives. Les 7,1 % d’Éric Zemmour en national, ces endroits où le candidat polémiste est arrivé loin devant Le Pen au premier tour comme à Versailles (18,48 % des voix pour Éric Zemmour, contre 8,59 % pour Marine Le Pen), ses cadres nombreux et expérimentés, la masse ultra enthousiaste et mobilisée de ses jeunes militants, sans parler de ses moyens financiers et de son talent oratoire. Enfin, il y a ces projections signées du sondeur Louis Harris : avec une alliance Reconquête-RN-Debout la France, les patriotes feraient entrer à l’Assemblée de 117 à 147 députés, selon un sondage Harris Interactive pour Challenges.

Sans alliance, le Rassemblement national n’obtient plus que 75 à 105 sièges au palais Bourbon. À ces arguments, il faut ajouter l’intérêt de la France qui se portera mieux avec 147 députés patriotes qu’avec 75… Car si La France insoumise parvient, elle, à nouer des alliances à gauche avec le PC, le PS et les Verts, elle obtiendra entre 73 et 93 sièges. LFI et ses alliés ont donc de fortes chances de parvenir devant un Rassemblement national isolé. L’arithmétique électorale commande l’alliance Reconquête-RN, mais voilà, la politique n’est pas affaire d’arithmétique. En tout cas, pas seulement.

En insistant, au soir du deuxième tour, sur le huitième échec de la famille Le Pen, Zemmour a braqué, peut-être définitivement cette fois, les dirigeants du Rassemblement national dont les plaies restent à vif après les attaques très dures de la campagne et la série des ralliements.

« Si on fait l’archéologie des petites phrases blessantes pendant la campagne, on ne va pas s’en sortir », lance Marion Maréchal à RTL, en soulignant le mérite de Jean-Marie et de Marine Le Pen dans la poursuite du combat national. L’ancienne députée de Vaucluse fait ce qu’elle peut pour raccommoder mais la déchirure reste. Et des cadres pestent jusque dans l’entourage de Zemmour. « Cette intervention [de dimanche soir, NDLR], Éric l’a préparée tout seul, personne ne l’avait relue : c’est un discours de commentateur, pas d’homme politique. Ce propos handicape les projets. » Les personnalités de Reconquête ont découvert ce texte mi-claque mi-main tendue, alors qu’ils étaient sur les plateaux de télévision. En attendant, Reconquête est en retard dans la sélection des investitures pour les législatives, une lourde tâche. Et les jeunes troupes du mouvement, chauffées à blanc durant la campagne, sont en roue libre. « Un vrai gâchis », dit notre dirigeant.

Là encore, Marion Maréchal incarne un dernier espoir : elle pourrait décrocher quelques accords locaux, à défaut d’accords d’appareils improbables. C’est bien peu. Et elle-même ne sait pas encore quel rôle elle souhaite jouer durant les prochaines échéances : candidate ou non ? Une chose est sûre : les deux familles RN et Reconquête doivent pourtant se rapprocher : la France en a besoin.





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