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Rafael Lozano-Hemmer. – « Sandbox, Relational Architecture 17 » (Bac à sable, architecture relationnelle), 2010

Photo : Antimodular Research

Il y a environ deux ans, le futur président américain Donald Trump et ses conseillers ont commencé à étudier de manière systématique l’état d’esprit des Américains. Parmi les sentiments les plus saillants : la déception, l’irritation, la colère, la tristesse et le désespoir. En politique, la méthode n’a rien d’extraordinaire, surtout pour ceux qui disposent de l’argent nécessaire à ces études qualitatives. Les travaux ont débouché sur un diagnostic taillé sur mesure pour servir l’ambition électorale de M. Trump. Il ne restait plus qu’à profiter de cette humeur générale, à s’en faire le porte-voix et à en avancer une interprétation, dans l’espoir qu’elle imprègne la société. Avec un argument massue : les Mexicains et les musulmans sont devenus indésirables aux États-Unis.

Bien avant la prise de fonctions du candidat républicain, il était évident que sa campagne antimexicaine n’était fondée sur aucune analyse économique, mais répondait (et répond toujours) à des intérêts politiques : certains entendent tirer profit du sentiment nationaliste américain.

Le contenu de leur message, leurs techniques de communication ainsi que leur propagande s’inspirent de la « théorie de l’espace vital » (Lebensraum) formulée au XIXe siècle par le géographe allemand Friedrich Ratzel : selon cette doctrine, l’expansionnisme et l’impérialisme se justifient dès lors qu’ils permettent à l’État d’assurer le bien-être de sa population.

Tout comme il existait une forte préoccupation populaire au sujet de l’inflation en Allemagne dans les années 1930, les États-Unis sont à présent confrontés aux problèmes du chômage, du sous-emploi, de la dette et de salaires trop faibles. Mais tenter d’en imputer la responsabilité à certains groupes sociaux ou culturels — qu’ils soient nationaux ou étrangers — n’est qu’une manœuvre politicienne.

Dès le 20 janvier 2017 , ces dirigeants politiques — habiles, mais irresponsables — ont menacé de construire un mur à la frontière avec le Mexique, pour transformer les États-Unis en un immense ghetto. Mieux : (…)

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Andrés Manuel López Obrador

Président du comité exécutif national du Mouvement de régénération nationale (Morena) et candidat à l’élection présidentielle mexicaine de juillet 2018.



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