Ce dimanche 24 avril, Abou Elsammack, un touriste égyptien, souhaite un joyeux anniversaire à sa femme sur l’agréable terrasse en hauteur de l’hôtel de luxe Le Cheval Blanc, dans le 1er arrondissement à Paris. Tout à coup, des coups de feu retentissent. Situé en hauteur du Pont-Neuf, Abou et son épouse assistent à la scène. « J’ai entendu les coups de feu, raconte-t-il à Boulevard Voltaire. Puis, le passager de devant est sorti pour courir une dizaine de mètres avant de s’effondrer, entouré des policiers. Le véhicule s’est arrêté. »

Pourquoi des policiers ont-ils ouvert le feu, tuant deux individus condamnés par le passé pour stupéfiants et proxénétisme aggravé ? Une source de la préfecture de police raconte à Boulevard Voltaire : « Le véhicule noir immobilisé à contresens pour un contrôle est reparti en trombe face aux policiers. Un fonctionnaire a dû tirer à plusieurs reprises avec son fusil d’assaut G36. »

Selon le rapport de police, les cinq fonctionnaires ont décidé de contrôler ce véhicule qui stationnait en sens inverse au niveau du Quai des Orfèvres. Ils l’observaient depuis un moment et soupçonnaient ses occupants de se livrer à un trafic de stupéfiants. Le véhicule a démarré puis a foncé vers un des fonctionnaires, qui s’est écarté pour l’éviter. Les forces de l’ordre ont fait feu, faisant deux morts et un blessé dont le pronostic vital n’est pas engagé.

Les fonctionnaires de police de la direction de l’ordre public et de la circulation, présents ce soir-là pour la sécurisation de l’île de la Cité où se trouve notamment Notre-Dame de Paris, ont argué de la légitime défense, tout comme leur collègue qui a fait usage d’un fusil d’assaut.

Agés de 25 et 31 ans, « les petits du quartier », comme les surnommaient leurs proches, étaient très défavorablement connus des services de police, notamment pour trafic de stupéfiants mais aussi, concernant l’un d’entre eux, pour vols et proxénétisme aggravé. Selon RTL, les deux individus neutralisés sont deux demi-frères. Pendant quatre heures, les lampes des enquêteurs de « la crim » s’agitent dans la nuit. Le pont est bouclé des deux côtés.

Comme pour conclure la séance d’investigation, on aperçoit les gyrophares des corbillards et la dépanneuse d’urgence. Au petit matin, sous la statue d’Henri IV et sur le pavé du plus vieux pont de Paris, trois flaques de sang, ultimes traces de cette nuit meurtrière, témoignent de ce qui s’est passé.

Un témoin oculaire nous rapporte que l’équipage de police a tenté, en vain, d’apporter les premiers secours d’urgence aux individus touchés par balles, avant l’arrivée du SAMU. Le passant nous montre une vidéo tournée avec son portable. Il se situe à quelques mètres de la scène. On voit les agents de police se relayer pour faire un massage cardiaque à l’un des deux passagers qui s’est effondré à proximité de sa Volkswagen noire. Les gardiens de la paix, puis les secours dépêchés sur place, ne parviennent pas à le réanimer.

Quelques heures après le drame, Clémentine Autain, député La France insoumise – ce parti qui veut désarmer les forces de l’ordre -, exige des explications : « Dans quelles conditions des policiers ont-ils tué deux personnes hier à Paris ? Ce drame, après d’autres, interroge sur les instructions données. »

Les enquêteurs de l’IGPN saisis doivent maintenant déterminer si le fonctionnaire de police qui a fait usage de son HK G36 était en situation de légitime défense. Sa garde à vue a été prolongée de 24 heures. Ce 27 avril, le policier qui a touché mortellement les deux hommes a été mis en examen pour homicide volontaire. La famille et les proches des victimes dénoncent une bavure policière.





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