Souvenez-vous, le 16 février dernier, Benjamin Ledig, un « influenceur » de 18 ans, se filmait dans la chapelle du calvaire de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, dans le Marais : filmé en train de twerker – le twerk est une danse pour le moins obscène, à la limite de la pornographie – en compagnie d’un autre as des réseaux sociaux prénommé Queen Paul, Benjamin Ledig eut ensuite la riche idée de poster cette vidéo sur le réseau TikTok. Bilan : 300 millions de vues, une souffrance infinie pour les catholiques qui voient, une fois encore, profaner ce qu’ils ont de plus cher, des réactions violentes à l’encontre de Ledig, qui reçoit insultes et menaces de mort. Il ne fallait pas être bien malin pour imaginer que, même chez les catholiques qui sont plus enjoints à tendre l’autre joue que le poing et la matraque, cette action militante, pro-gay et christianophobe, allait passer crème. Surtout en ces temps de tensions sociales en tout genre, où la société française ressemble à un baril de poudre dont la mèche est sur le point d’être allumée. Prétextant d’un argument tellement politiquement correct qu’il en est éculé – « Je voulais surtout dénoncer l’homophobie qui était hyper présente dans l’Église » (Actu Strasbourg, citant Le Parisien), il a donc refusé de s’excuser : « Je n’ai jamais été dans la soumission et dans la fuite, je ne m’excuse pas. » Ajoutons que, tandis que Queen Paul avait retiré sa vidéo en présentant ses excuses aux catholiques, Benjamin Ledig avait récidivé dès le lendemain.

Il est vrai qu’il ne craignait pas grand-chose. Cependant, sa mauvaise volonté, ou plus exactement son arrogance antichrétienne couplée de bêtise militante, ont eu raison de la patience du père Pierre Vivarès, curé de la paroisse. Il a donc fini par porter plainte, en s’appuyant sur la loi de 1905, avec la volonté claire de s’en tenir au plan strictement juridique. Et forcer ainsi le fauteur à assumer ses actes, à quitter la virtualité sans limites des réseaux sociaux pour revenir dans la prosaïque réalité. « Le problème n’était pas qu’il fût habillé en crop-top ou qu’il dansât. Le problème était le lieu où il le faisait et qu’il réalise et diffuse cette vidéo sans l’autorisation du responsable de ce lieu de culte », explique-t-il dans une tribune publiée sur Aleteia, le 25 avril dernier.

La Justice a donc tranché, Benjamin Ledig est condamné au titre de l’atteinte à l’affectation cultuelle du lieu : « Le curé desservant garantit l’affectation cultuelle d’une église non désaffectée et dispose à ce titre d’un pouvoir de police à l’intérieur de l’édifice. Toute activité autre que cultuelle doit être autorisée par le curé affectataire. Au cas présent, en réalisant deux vidéos à l’intérieur de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul puis en les diffusant sur le réseau social TikTok, sans en avoir obtenu l’autorisation préalable du curé affectataire et en refusant de les supprimer alors qu’il n’est pas contesté que ces vidéos le représentent dansant avec une autre personne, peu importe qu’il s’agisse ou non d’une performance artistique, M. X a manifestement porté atteinte à l’affectation cultuelle des lieux. La diffusion de ces vidéos à des millions de personnes et le refus de M. X de les supprimer a nécessairement causé un préjudice moral à M. Pierre Vivarès en sa qualité de curé affectataire. L’obligation pour M. X de réparer ce préjudice moral n’est donc pas sérieusement contestable. »

L’occasion, pour le père Vivarès, de rappeler à une société qui a oublié Dieu, que « ces lieux [sont] entièrement et exclusivement dévolus à la prière individuelle et aux célébrations collectives des fidèles. Ces lieux font partie des merveilles de notre pays. Ils sont des lieux de paix, de contemplation et de ressourcement précieux pour tous. Respectons ces lieux et cette paix qui nous sont offerts et dont notre pays et ses habitants ont tant besoin. »





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