La direction du PS a annoncé souscrire aux principales propositions de La France insoumise en vue d’un accord aux législatives, incluant une remise en cause de mesures votées sous François Hollande et de «certaines règles» de l’UE.

Dans un texte publié le 29 avril, les socialistes ont présenté leurs réponses aux «douze marqueurs» mis en discussion par la formation de Jean-Luc Mélenchon et validé les points essentiels d’un «programme partagé», dont l’augmentation du Smic à 1 400 euros nets par mois, la retraite à 60 ans, la planification écologique et le passage à une VIe République, ouvrant ainsi la voie à une alliance électorale pour les législatives.

Le PS y indique son souhait de valoriser «les convergences sans cacher les différences», avec quelques réserves sur des sujets tels que l’Europe. Concernant la «désobéissance aux traités européens», que souhaite LFI, les socialistes se disent ainsi «profondément attachés à la construction européenne», qu’ils refuseront de «mettre en danger». Mais ils estiment que «la mise en œuvre du programme que nous construisons conduira nécessairement à des tensions, à constater des contradictions, et à ne pas respecter certaines règles». «Nous ne serons ni les premiers ni les derniers à le faire, en France comme en Europe», justifient-ils, évoquant le «besoin d’une rupture dans le cours libéral de la construction européenne». «Nous nous opposerons par exemple au retour du pacte de stabilité, considérons que l’objectif de souveraineté de la France et de l’Union Européenne dans de nombreux domaines rend nécessaire de déroger aux règles actuelles de concurrence et que la conférence sur l’avenir de l’UE doit conduire à une révision des traités », poursuivent-ils.

Rupture avec l’héritage de François Hollande

Concernant «le droit à la retraite à 60 ans», le PS, qui n’était jusqu’alors pas convaincu sur le plan financier, propose «une première étape comprenant la prise en compte des carrières longues et des métiers pénibles». Point notable, les socialistes valident «l’abrogation de la réforme de l’assurance chômage et des dispositions régressives introduites dans le code du travail par la loi El Khomri [votée sous François Hollande] et les ordonnances Macron» signées en 2017.

A quelques jours de la date butoir pour trouver un accord avec LFI, le PS souligne que «le programme partagé, fondé sur la recherche réelle des convergences, doit être le gage d’une volonté réelle de gouverner ensemble au service des classes populaires et moyennes de ce pays», mais «n’a pas vocation à faire disparaître l’identité et l’histoire politiques des uns et des autres». 

L’alliance avec LFI a fait réagir une série de ténors socialistes, à commencer par l’ancien président français François Hollande, qui a alerté, le 28 avril, sur le risque de «disparition de toute candidature socialiste dans les deux tiers ou les trois quarts des départements» si l’accord venait à être conclu, tout en se montrant extrêmement critique sur le programme défendu par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a quant à lui invité les opposants à l’accord à quitter le parti. Signe des tensions au sein du PS, la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, hostile à l’alliance avec LFI, a présenté publiquement des candidats aux législatives dans le Tarn, parallèlement aux négociations nationales. 



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