La Fondapol publie un texte écrit par une agence russe proche du pouvoir et publié par erreur le 26 février alors qu’il ne devait être diffusé qu’après l’hypothétique conquête de l’Ukraine.

Cet éditorial de l’agence RIA Novosti révèle les ambitions expansionnistes de Vladimir Poutine, avec l’objectif d’une “russification” de l’Ukraine et de la Biélorussie.

“Il est écrit au passé parce qu’il devait être publié après la chute de l’Ukraine”, a confirmé, dimanche 6 mars sur LCI, le directeur général de la Fondapol, Dominique Reynié (vidéo ci-dessus). “Il montre ce qui est dans l’esprit de Poutine. Il était prévu que la chute de l’Ukraine serait si nette qu’il pourrait publier ce texte qui devait expliciter le projet du président Poutine avec la Fédération de Russie, la Biélorussie, l’Ukraine. Il est question aussi de l’Occident.”

Un projet qui prévoit non pas une occupation partielle ou temporaire de l’Ukraine, mais une “réunification”pure et simple de son territoire avec la Russie. 

“Régler le problème de l’Ukraine”

L’auteur de la tribune, Pyotr Akopov, anticipait dans ce texte une victoire totale de la Russie en Ukraine. “La Russie restaure son unité”, peut-on y lire, en référence à la dislocation de l’empire soviétique en 1991. “Cette restauration exige de grands sacrifices, par les événements d’une quasi-guerre civile, où des frères, séparés par leur appartenance aux armées russe et ukrainienne, se tirent encore dessus, mais il n’y aura plus d’Ukraine antirusse.”

“La Russie”, poursuit-il, “est rétablie dans son intégralité historique, rassemblant le monde russe, le peuple russe : les Grands-Russes, les Biélorusses et les Petits-Russes”, des termes qui font référence au concept historique de la “Grande Russie”, souvent véhiculé par le pouvoir. 

“Vladimir Poutine a assumé, sans exagération aucune, une responsabilité historique en prenant la décision de ne pas laisser la question ukrainienne aux générations futures”, peut-on encore lire. “En effet, la nécessité de régler le problème de l’Ukraine ne pouvait que demeurer la priorité de la Russie […]”

Stopper “l’expansion occidentale vers l’est”

“À présent, ce problème n’existe plus”, anticipe encore l’auteur de l’agence. “L’Ukraine est revenue à la Russie. Ce retour ne signifie pas que l’Ukraine perdra son statut d’État. Simplement, elle sera transformée, réorganisée et rendue à son état originel en tant que partie intégrante du monde russe. Sous quelles frontières ? Sous quelle forme ? Une alliance avec la Russie sera-t-elle établie, par l’intermédiaire de l’OTSC et de l’Union économique eurasienne ou en tant qu’un État faisant partie de l’Union de Russie et de Biélorussie ? Cela sera décidé une fois que l’Ukraine antirusse n’existera plus. Quoi qu’il en soit, la période de division du peuple russe touche à sa fin.” L’auteur entrevoit ainsi un monde où la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine agissent “comme une seule entité géopolitique”.

La tribune offre également un long développement sur les relations entre cette “Grande Russie” et l’Occident, et en particulier l’Europe. Dans ce “nouvel ordre mondial”, marqué par la perte d’influence du monde anglo-saxon, selon l’auteur, la Russie serait parvenue à “arrêter l’expansion occidentale vers l’est”, montrant au monde entier qu’elle n’a “pas seulement défié l’Occident”, mais aussi “montré que l’ère de la domination occidentale peut être considérée comme complètement et définitivement révolue”

L’intégralité du texte est à retrouver sur le site de la Fondapol.


Vincent Michelon

 

 “Président Vladimir Poutine : Si les dirigeants ukrainiens continuent de faire ce qu’ils font, cela remettra en question l’avenir de l’État ukrainien. Et ce sera entièrement leur responsabilité.”





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