Erevan été le théâtre d’une manifestation d’opposants au Premier ministre arménien Nikol Pachinian qui refusent toute concession territoriale à l’Azerbaïdjan alors que les deux pays ont annoncé en avril des préparatifs de pourparlers de paix.

Des milliers de personnes ont manifesté le 1er mai dans la capitale arménienne Erevan pour mettre en garde le gouvernement contre toute concession à l’Azerbaïdjan au sujet du Haut-Karabagh. 

Les manifestants appelaient à la démission le Premier ministre Nikol Pachinian et brandissaient des pancartes portant les mots «Karabagh» ou encore «Arménie sans Turcs», en référence aux Azerbaïdjanais turcophones.

«Pachinian a trahi la confiance des gens et doit partir»

L’opposition accuse Nikol Pachinian de vouloir céder l’ensemble de l’enclave séparatiste du Haut-Karabagh à l’Azerbaïdjan, après que ce dernier a déclaré en avril que «la communauté internationale appelle l’Arménie à réduire ses exigences». Au rassemblement, le vice-président du Parlement et dirigeant d’opposition Ichkhan Sagatelian a déclaré que «tout statut politique du Karabagh au sein de l’Azerbaïdjan est inacceptable pour [le pays]». 

«Pachinian a trahi la confiance des gens et doit partir», a-t-il ajouté, assurant que le mouvement de protestation «conduira au renversement du gouvernement dans un avenir proche». 

Erevan et Bakou se disputent ce territoire depuis les années 1990. La dernière guerre en date, à l’automne 2020, a fait quelque 6 500 morts avant de se terminer par un cessez-le-feu négocié par la Russie. Dans le cadre de cet accord, l’Arménie a cédé des pans entiers de territoires qu’elle contrôlait depuis une première guerre victorieuse au début des années 1990, et la Russie a déployé quelque 2 000 soldats de maintien de la paix. 

En avril, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont annoncé des préparatifs de pourparlers de paix. Les présidents arménien et azerbaïdjanais s’étaient alors rencontrés pour de rares pourparlers sous la médiation de l’Union européenne à Bruxelles. Cette réunion était survenue après une flambée de violences dans le Haut-Karabagh en mars.

Peuplée majoritairement d’Arméniens, la région montagneuse du Haut-Karabagh, soutenue par Erevan, a fait sécession de l’Azerbaïdjan lors de l’effondrement de l’URSS, entraînant une première guerre dans les années 1990 qui a causé la mort de 30 000 personnes et fait des centaines de milliers de réfugiés azerbaïdjanais.



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