par Le Courrier des Stratèges.

Alors qu’elle a entamé son troisième mois, la guerre d’Ukraine comporte toujours un grand risque d’escalade entre les États-Unis et la Russie. Se rendant compte que l’armée ukrainienne est condamnée à perdre la guerre, les États-Unis et la Grande-Bretagne essaient de conjurer l’inévitable en organisant en Allemagne, sur la base militaire de Ramstein, un sommet de coordination des livraisons d’armes. En fait, ces acheminements auront de plus en plus de mal à arriver à leurs destinataires du fait de la destruction des voies ferroviaires et, plus généralement, de l’intensification des frappes balistiques de précision sur les dépôts pétroliers, les entrepôts d’armes et de véhicules blindés – sans oublier la corruption endémique du pays qui fait qu’une partie des armes livrées sont revendues. Pris dans une tenaille de plus en plus serrée (frappes de missiles à l’ouest du pays et offensive du Donbass à l’est), le gouvernement ukrainien semble essayer d’ouvrir un autre front, en Transnistrie – éminemment dangereux puisque la Roumanie, membre de l’OTAN, et l’Ukraine enserrent ce petit territoire où se trouvent des troupes russes dédiées au maintien de la paix. Comme le dit l’une de nos sources, le conflit semble devenir une « guerre d’usure ». Mais contrairement à ce qu’avaient espéré les Occidentaux, la Russie tient le choc des sanctions ; donc la prolongation de la guerre ne sert plus qu’à une chose, conduire, lentement mais sûrement, le pays à une partition de fait, le long d’une ligne qui va de Kharkov à Odessa.

Carte des frappes russes sur des sous-stations électriques des chemins de fer ukrainiens.
La Bataille d’Ukraine 

À partir de Southfront.org (voir la vidéo pour des cartes détaillées) :

« En date du 29 avril, l’armée russe et les forces armées de la République populaire de Donetsk (RPD) et de la République populaire de Lougansk (RPL) poursuivent leur progression régulière aux dépens des troupes de Kiev dans la région du Donbass.

Au sud de la région de Kharkov, autour de la ville d’Izioum, des combats intenses se poursuivent sur toute la ligne de front. Les unités russes progressent vers la route Barvenko-Slaviansk.

Les forces de Kiev continuent de retirer leurs unités de la tête de pont restante sur la rive gauche de la rivière Severski Donets. Depuis la zone de Liman-Iampol et la région de Severodonetsk, elles tentent de conserver leurs positions les plus avancées à l’est, entre Severodonetsk et Popasnaya, où de violents affrontements se poursuivent.

Sur la ligne de front près de Severodonetsk et Popasnaya, les militaires russes et les forces de la RPD poursuivent leur avancée. Cependant, les forces de Kiev font preuve de résistance. Les gains russes sont réels mais lents.

Près de Donetsk, le principal point chaud est la zone située au nord d’Avdeïevka, où les forces de la RPD ont remporté des succès tactiques. Cinq civils ont été tués et 21 autres blessés, dont deux mineurs, à la suite d’une attaque des forces de Kiev avec des lance-roquettes BM-21 Grad sur le quartier Kirov de Donetsk.

Le 28 avril, des missiles russes ont détruit les installations de l’entreprise Artiom, spécialisée dans les fusées et l’industrie spatiale, dans la ville de Kiev. Ceci s’est passé alors que le secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres se trouvait à Kiev. Façon pour Vladimir Poutine de rappeler qu’il mène la guerre en même temps qu’il est prêt à négocier la paix.

Des missiles Kalibr basés en mer ont détruit trois sous-stations électriques de traction dans les zones des nœuds ferroviaires de Fastov, Krasnoselka et Polonnoye.

Dans la nuit, l’aviation opérationnelle-tactique et l’aviation de l’armée de terre ont frappé 112 équipements militaires des forces de Kiev. Parmi eux : 95 rassemblements de main d’œuvre et d’équipements militaires.

Selon le ministère russe de la Défense, environ 500 militaires ukrainiens, 59 véhicules blindés, des affûts d’artillerie et des voitures ont été détruits, ainsi que plus de 60 combattants de la formation nationaliste Donbass près de Roubtsi sur le territoire de la République populaire de Donetsk.

En outre, deux systèmes de défense antiaérienne Buk-M1 et Osa AKM ont été détruits près de Veseloïe et Prishib, ainsi que deux dépôts de munitions près de Novoselovka et Slaviansk.

Les troupes russes de missiles et d’artillerie ont également effectué 1299 frappes le 28 avril. 975 frappes supplémentaires ont été effectuées de nuit. Au moins 58 postes de commandement, 183 points forts des troupes ukrainiennes, 1746 rassemblements de personnel et d’équipements militaires, 246 positions de l’artillerie ukrainienne et 21 dépôts de munitions ont été touchés.

En outre, deux systèmes de missiles anti-aériens ukrainiens S-300, un lanceur de missiles tactiques Tochka-U et une station de guerre électronique ont été détruits près de Barvenkovo.

Dans le même temps, les moyens de défense aérienne russes ont abattu 13 drones ukrainiens, dont le « Bayraktar-TB2 », à la frontière russo-ukrainienne, dans la région de Novovodiannoïe.

L’impression générale qui se dégage chez de nombreux observateurs est celle d’une inévitable victoire russe. Elle expliquerait la précipitation avec laquelle les Américains ont décidé d’envoyer du matériel plus moderne à l’Ukraine. Cela expliquerait aussi la tentation apparente de déclencher une opération de l’OTAN en Transnistrie.

Une vidéo représentative de l’armée ukrainienne ? 

Toujours sur le site de Southfront.org, qui abonde en vidéos, on en trouve une où des soldats ukrainiens se plaignent d’avoir été abandonnés par leur commandement.

« Nous sommes des militaires de la 79e Brigade, 2e et 3e bataillons. Nous sommes situés dans le village de Yampol.

Nos commandants nous ont conduits dans la forêt pour creuser, nous avions deux ou trois pelles pour beaucoup de gens… nous avons été attaqués – nous n’avons même pas eu le temps d’attacher une baïonnette.

Nous sommes restés là pendant 5-6 jours, et les commandants nous ont abandonnés… Et maintenant, on nous fait déserter pour le fait que nous avons survécu… Il y a encore beaucoup de cadavres qui gisent là, dans ces fosses.

Je demande votre attention, surtout les volontaires qui nous aident, les officiers qui nous ont abandonnés – nous avons appelé l’artillerie, et il n’y avait rien – aucune aide.

Nous avons été battus par l’aviation – pas de défense aérienne. Nous avons été stupidement jetés pour la viande. Alors nous sommes sortis et avons demandé à l’aîné – c’était un commandant de brigade adjoint ou un commandant de bataillon – Comment ça se passe ? Il a dit : « Mike, le commandant de la DSHV (brigade d’assaut), a donné l’ordre d’aller au corps à corps sur les chars… »

Par conséquent, nous faisons appel à vous – Aidez-nous, car nous sommes considérés comme des déserteurs… Nous sommes jugés comme des ennemis, des déserteurs qui ont quitté le champ de bataille. Nous n’avons pas quitté la bataille – nous avons décidé de survivre.

Nous avons mené le combat, avec des machines automatiques contre les blindés, et ceux qui étaient encore en vie sont sortis vivants du chaudron. Les 70% restants de nos gars sont étendus dans les bois, des cadavres.

Outre le fait qu’ils veulent nous rendre coupables de tout – nous pensons que nos commandants sont coupables, probablement le général de secteur, qui – je ne sais pas. Nous demandons à être emmenés à Mykolaiv, car un assaut s’y prépare. Ils ont décidé de nous laisser ici parce qu’ils veulent nous achever pour que vous ne sachiez pas la vérité.

Les 95e et 79e brigades sont séparées. Les gens (le personnel) – nous sommes des réservistes, il y a des militaires sous contrat, quelques personnes, mais nous ne citerons pas de noms. Même les militaires sous contrat comprennent que c’est un cul. Nous avons été jetés en pâture.

…Les officiers fuient le champ de bataille. Pensez-y, parce que sinon, ils nous mettront en prison.

Une heure avant la percée, nos officiers ont quitté le poste de commandement et nous ont abandonnés. Quand la percée est arrivée, on a demandé du soutien, ils ont dit : « occupez une défense circulaire », alors qu’ils n’étaient plus au KSP (poste de commandement et d’observation). Quand on est allé au KSP, le KSP était déjà vide. Un char contre trente, et nous sommes sortis par groupes de 2, 3, 5 personnes. Quand nous sommes arrivés à la deuxième ligne, il n’y avait personne qui était censé nous couvrir.

On n’abandonne pas, on veut se battre, mais pas dans la 75e brigade d’assaut.

… Nous ne pouvons pas nous battre alors que les blessés sont abandonnés, les officiers s’enfuient en voiture, ils ne veulent même pas ramasser les blessés – c’est une honte. De telles personnes – ne sont pas des officiers – ce sont des chacals. »

La crise du monde occidental

Ci-dessus, un montage photo humoristique en Australie sur les « bushmasters » envoyés en Ukraine et qui ont toutes les chances de finir soit détruits par un missile russe soit dans le stock de l’armée russe.

Il est par ailleurs assez cocasse de constater que des gouvernements obsédés par le changement climatique n’hésitent pas à brûler du kérosène sans compter pour envoyer du matériel militaire en Ukraine.

« Mais vous ne vous rendez pas compte…. ». Le très macronien Figaro, qui a abandonné depuis longtemps la citation de Beaumarchais qui ornait son exergue (« sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ») redécouvre le réel. Un reportage sur ces familles qui ont accueilli des Ukrainiens en imaginant que c’était pour quelques jours… Décidément, l’Occident, à l’occasion de la guerre en Ukraine, sort du déni de réalité. Loin de l’opposition abstraite entre des médias entre les « pro » et les « anti », il y a une réalité simple: accueillir des réfugiés, c’est un énorme effort, qui doit être mené, financé, accompagné dans la durée. Les gouvernants occidentaux ont le dilettantisme qui caractérise souvent les gens « très riches » pour parler comme François Hollande. Ils prennent, pour les autres, des engagements qui ne sont pas tenables. C’est tout à fait irresponsable de ne pas tout faire immédiatement pour arrêter cette guerre par la négociation.

En deux mois de guerre, l’Union européenne a importé pour 43 milliards d’hydrocarbures de Russie.

L’Allemagne soutient les demandes de sanctions sur les importations de Russie d’uranium – Politico, citant cinq diplomates européens anonymes. Cette décision pourrait porter atteinte à l’approvisionnement en uranium des réacteurs de l’UE construits par la Russie, ainsi qu’aux nouveaux projets nucléaires. Selon les diplomates, les sanctions contre l’industrie nucléaire russe ont été discutées lors d’une réunion avec les ambassadeurs de l’UE et de la Commission en début de semaine, la Pologne et les États baltes étant à l’origine des appels à l’action.

Une gigantesque pression est exercée sur les parlementaires moldaves pour qu’ils acceptent de laisser passer des troupes roumaines vers la Transnistrie.

Pendant que les Roumains et les Moldaves sont soumis à chantage par Washington pour envisager une opération contre la Transnistrie et que les dirigeants polonais rêvent d’annexer la Galicie orientale, la Biélorussie masse quelques troupes à la frontière avec la Pologne.

La propagande occidentale a décidé que le pilote ukrainien imaginaire qui avait abattu 40 avions russes était mort au combat écrasé par une force ennemie supérieure ! Le récit s’adapte au réel !

Le nouvel équilibre des puissances

Quelle tristesse pour la France et pour les pays de l’Union Européenne que ce soit la Chine totalitaire qui dise les choses : « Les États-Unis portent une responsabilité indiscutable dans le début de la crise en Ukraine » – (un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères).

Quelle sera la portée de l’argumentation russe, telle qu’exprimée par Sergueï Lavrov sur le média Al-Arabiya : « Il est évident que les tentatives de l’Occident collectif d’interférer avec le cours naturel de l’histoire, de résoudre ses problèmes aux dépens des autres, sont vouées à l’échec. Le monde d’aujourd’hui a plusieurs centres de décision, il est multipolaire. Nous voyons comment les États d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine se développent de manière dynamique. Une réelle liberté de choix se dessine pour chacun, y compris en matière de modes de développement et de participation aux projets d’intégration. Notre opération militaire spéciale en Ukraine contribue également au processus de libération du monde de l’oppression néocoloniale de l’Occident, fortement impliquée dans le racisme et le complexe d’exclusivité ? »

Essayons de nous mettre dans l’état d’esprit de beaucoup de dirigeants et de sociétés du monde :

  • Depuis 1991, les États-Unis ont bombardé et disloqué des États qui résistaient à l’ordre washingtonien.
  • La Russie est – après la Syrie grâce au soutien de la même Russie – le premier État qui résiste victorieusement à l’ordre américain. Admettons même que les Russes puissent être unilatéralement considérés comme les agresseurs dans ce conflit ukrainien. La plupart des pays non occidentaux n’en tiendraient même pas compte tellement le passif américain est lourd.
  • Le prochain G20 se tiendra en Indonésie… où Kadyrov combattant musulman considéré comme le libérateur de Marioupol est devenu un véritable héros. quand donc les États-Unis ont demandé au président américain de ne pas inviter la Russie au prochain G20, ils ont été poliment éconduit. Poliment puisque l’Indonésie accepte finalement d’inviter Zelenski.

En somme, il se pourrait qu’avec leur réputation d’être patauds en communication, les Russes soient en fait en train de gagner la bataille de l’opinion mondiale. Si notre analyse est confirmée, on peut dire que le discours occidental n’aura plus qu’un effet : éviter les divergences d’opinion trop visibles en Amérique du Nord et dans l’Union européenne.

Ce que fait Lavrov, avec une fausse ingénuité, c’est de retourner contre les Occidentaux le discours sur la diversité des cultures :

« Aujourd’hui, nous ne parlons pas d’une nouvelle « guerre froide », mais, comme je l’ai déjà noté, de la volonté persistante de Washington et de ses satellites, qui s’imaginent être les « arbitres du destin de l’humanité », d’imposer un modèle américano-centrique de l’ordre mondial. On en est arrivé au point où la minorité occidentale tente de remplacer l’architecture centrée sur l’ONU et le droit international formés après la Seconde Guerre mondiale par son propre « ordre fondé sur des règles ». Ces règles sont écrites par Washington et ses alliés eux-mêmes, puis imposées à la communauté internationale comme étant contraignantes.

Il faut comprendre que les États-Unis poursuivent cette ligne destructrice depuis plus d’une décennie. Il suffit de mentionner l’agression de l’OTAN contre la Yougoslavie, l’attaque contre l’Irak, la Libye, la tentative de destruction de la Syrie, les « révolutions de couleur » orchestrées par les capitales occidentales dans un certain nombre de pays, dont l’Ukraine. Tout cela a coûté des centaines de milliers de vies, a conduit au chaos dans diverses régions de la planète.

Ceux qui suivent une voie indépendante en matière de politique intérieure et étrangère, les Occidentaux tentent de les supprimer par les méthodes les plus brutales. Et pas seulement la Russie. Nous voyons comment la « pensée en bloc » est imposée dans la région Asie-Pacifique. Qu’est-ce que la stratégie dite indo-pacifique promue par les États-Unis, qui a une orientation anti-chinoise prononcée. Dans l’esprit de l’archaïque doctrine Monroe, les États-Unis cherchent à dicter comment et selon quelles normes l’Amérique latine doit vivre. Cela explique les nombreuses années d’embargo commercial illégal contre Cuba, les sanctions contre le Venezuela, les tentatives de « faire vaciller » la stabilité au Nicaragua et dans certains autres pays. Dans le même ordre d’idées, et la pression continue sur le Belarus. Cette liste peut être poursuivie.

De toute évidence, les tentatives de « l’Occident collectif » d’entraver le cours naturel de l’histoire, de résoudre ses problèmes aux dépens des autres, sont vouées à l’échec. Le monde d’aujourd’hui possède plusieurs centres de décision, il est multipolaire. Nous voyons comment les États d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine se développent de manière dynamique. Chacun dispose d’une réelle liberté de choix, notamment en ce qui concerne les modes de développement et la participation aux projets d’intégration. Notre opération militaire spéciale en Ukraine contribue également au processus de libération du monde de l’oppression néocoloniale de l’Occident, fortement mêlée de racisme et d’un complexe d’exclusivité.

Plus tôt l’Occident acceptera les nouvelles réalités géopolitiques, mieux ce sera pour lui-même et pour l’ensemble de la communauté internationale. »

Selon la Banque Mondiale :

« La guerre en Ukraine a provoqué un choc majeur sur les marchés des produits de base, modifiant les structures mondiales du commerce, de la production et de la consommation de telle sorte que les prix resteront à des niveaux historiquement élevés jusqu’à la fin de 2024, selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur les perspectives des marchés des produits de base.

L’augmentation des prix de l’énergie au cours des deux dernières années a été la plus importante depuis la crise pétrolière de 1973. Les hausses de prix des produits alimentaires – dont la Russie et l’Ukraine sont de grands producteurs – et des engrais, qui dépendent du gaz naturel comme intrant de production, ont été les plus importantes depuis 2008.

« Dans l’ensemble, il s’agit du plus grand choc de produits de base que nous ayons connu depuis les années 1970. Comme c’était le cas à l’époque, le choc est aggravé par une recrudescence des restrictions au commerce des denrées alimentaires, des carburants et des engrais », a déclaré Indermit Gill, vice-président de la Banque mondiale chargé de la croissance équitable, des finances et des institutions. « Ces développements ont commencé à faire planer le spectre de la stagflation. Les responsables politiques doivent saisir toutes les occasions d’accroître la croissance économique au niveau national et éviter les actions qui porteront préjudice à l’économie mondiale ».

Les prix de l’énergie devraient augmenter de plus de 50% en 2022 avant de diminuer en 2023 et 2024. Les prix non énergétiques, notamment ceux de l’agriculture et des métaux, devraient augmenter de près de 20% en 2022 et se modéreront également au cours des années suivantes. Néanmoins, les prix des produits de base devraient rester bien supérieurs à la moyenne des cinq dernières années. En cas de guerre prolongée ou de sanctions supplémentaires à l’encontre de la Russie, les prix pourraient être encore plus élevés et plus volatils que prévu actuellement.

En raison des perturbations du commerce et de la production liées à la guerre, le prix du pétrole brut Brent devrait atteindre une moyenne de 100 dollars le baril en 2022, son plus haut niveau depuis 2013 et une augmentation de plus de 40% par rapport à 2021. Les prix devraient se modérer à 92 dollars en 2023 – bien au-dessus de la moyenne sur cinq ans de 60 dollars le baril. Les prix du gaz naturel (européen) devraient être deux fois plus élevés en 2022 qu’en 2021, tandis que les prix du charbon devraient être 80% plus élevés, les deux prix atteignant des sommets historiques.

« Les marchés des produits de base subissent l’unsdes plus grands chocs d’approvisionnement depuis des décennies en raison de la guerre en Ukraine », a déclaré Ayhan Kose, directeur du groupe Perspectives de la Banque mondiale, qui produit le rapport Perspectives. « L’augmentation des prix des denrées alimentaires et de l’énergie qui en résulte a un coût humain et économique considérable, et risque de freiner les progrès en matière de réduction de la pauvreté. La hausse des prix des produits de base exacerbe les pressions inflationnistes déjà élevées dans le monde entier ».

Selon les prévisions, les prix du blé devraient augmenter de plus de 40% et atteindre un niveau record en termes nominaux cette année. Cela mettra la pression sur les économies en développement qui dépendent des importations de blé, notamment en provenance de Russie et d’Ukraine. Les prix des métaux devraient augmenter de 16% en 2022 avant de s’atténuer en 2023, mais ils resteront à des niveaux élevés.

« Les marchés des produits de base subissent une pression énorme, certains prix des produits de base atteignant des sommets historiques en termes nominaux », a déclaré John Baffes, économiste principal au sein du groupe Prospects de la Banque mondiale. « Cela aura des effets d’entraînement durables. La forte hausse des prix des intrants, tels que l’énergie et les engrais, pourrait entraîner une réduction de la production alimentaire, notamment dans les économies en développement. La moindre utilisation des intrants pèsera sur la production et la qualité des aliments, ce qui affectera les disponibilités alimentaires, les revenus ruraux et les moyens de subsistance des pauvres ». »

La Banque Mondiale se trompe sur un point : la guerre d’Ukraine n’est pas à elle seule la cause de la crise. Les confinements liés au COVID-19 et la politique à tendance hyperinflationniste de Joe Biden avaient largement enclenché les problèmes ici désignés. La guerre d’Ukraine ajoute aux problèmes préexistants. C’est bien la raison pour laquelle l’Union européenne est suicidaire de s’aligner comme elle le fait sur les États-Unis.

source : Le Courrier des Stratèges





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One thought on “Jour 65 – L’OTAN fait pression sur la Roumanie pour ouvrir un front en Transnistrie”
  1. Tout ça est très bien, mais, il me semble qu’il y a un reliquat militaire américain en Syrie et que s’il se faisait attaquer, c’est absolument pas impossible, il serait obligé de riposter et là c’est l’escalade, cela remettrait beaucoup de choses en question, à commencer par savoir si les Américains auraient l’estomac qu’il faut pour se présenter seuls devant les Russe, ce dont je doute.
    Ce qu’il faut comprendre c’est que la poudrière a tellement de mèches à la disposition de la Russie qu’il faut à tous ces stratèges de pacotille bien regarder et soupeser comme il faut ce qu’ils sont capables de faire et ce qui ne doit surtout pas être fait.
    Le Golan n’est toujours pas libre et il faut souvenir qu’en début d’année Poutine lors de la réception de Bachar a promis la libération de tout le territoire syrien.
    Donc, je ne veux pas me faire oiseau de mauvais augures pour l’élite dispersée, mais si sa zone de repli venait à se faire anéantir, ça non plus c’est plus impossible dans le monde actuel… he bien, effectivement, adieu Berthe!
    Sinon, concernant la Transnitrie, c’est pas fait, parce que la Moldavie va se faire éteindre comme une bougie par la Russie dont elle dépend entièrement, quant à la Pologne, elle n’a pas les moyens de ses prétentions, depuis son entrée en 2004 dans l’Europe ce pays arriéré où presque tout est pourri par la surexploitation et al pollution, même s’il a fait de gros progrès de transformation, c’est pas une force réelle sur laquelle quiconque de sensé peut s’appuyer, par ailleurs, si elle devait être impliquée directement dans un conflit, vu comme nos génies européens ont fabriqué leur usine à gaz en détruisant l’agriculture des États, ça va totalement péter au plan alimentaire pour nous en moins de temps qu’il en faut pour le dire… pogroms!
    S’ils font cette connerie, on les tue tous ici-même et toute l’aventure va prendre une autre tournure mondiale.
    La guerre nucléaire est tout à fait possible, réellement même, c’est même quelque chose qui peut être imminent, seulement voilà, il y a aussi des patriotes et des gens sensés partout dans les endroits où les va-t-en-guerre sont remuants, ceux-ci seraient bien inspirés d’y regarder à deux fois et même plus avant d’entreprendre.

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