A Shangai, suite à un confinement très strict de plus en plus impopulaire (interdiction de sortie même pour aller acheter à manger et isolement complet pour les personnes testées positives) dans la cadre de la stratégie zéro Covid des autorités sanitaires chinoises, de plus en plus décrédibilisées, des blogueurs et des internautes ont appelé à la transparence concernant le nombre officiel de décès liés au Covid-19. D’autres Shanghaïens entreprennent eux-mêmes de faire un recensement du nombre de morts et de la cause exacte de leur décès.

Un combat pour la vérité sur les morts du Covid

D’après un article de Courrier International, plusieurs blogueurs comme Chen Donghua ont demandé sur le réseau social chinois WeChat que les autorités chinoises publient “les informations concrètes sur les décès des cas positifs [au Covid-19] à Shanghai”, précisément la date, le lieu et, si possible, les circonstances du décès. Leur objectif : connaitre les conséquences du confinement mis en oeuvre dans la métropole chinoise depuis le 28 mars dernier.

C’est aussi l’objectif d’un groupe de bénévoles qui a pris l’initiative de créer, sur Airtable, une page “Liste des morts durant l’épidémie à Shanghai” afin, notamment, de recueillir des témoignages sur ces défunts. “Airtable est une plateforme de collaboration cloud américaine, permettant de comptabiliser, analyser et collecter des données, fondée sur la blockchain. Les données ne peuvent donc pas être supprimées”, explique le journal.

Outre la pauvreté des informations concernant les causes exactes des décès, les auteurs de la liste pointent du doigt la différence entre le nombre de morts communiqués par la commission de la Santé de Shanghai et celui qu’ils ont enregistré, bien supérieur.

“Nous en déduisons donc que la commission ne prend pas en compte les ‘décès collatéraux [liés au Covid-19]’ tels que le suicide (comme celui du violoniste Chen Shunping), une cause de décès inconnue (comme dans le cas d’Elaine, responsable des ressources humaines de [l’entreprise américaine] Danaher) ou les décès soudains par épuisement (c’est le cas de plusieurs gestionnaires de syndics de copropriété), etc”, soulignent-ils.

Dans leur système, les bénévoles attribuent une carte à chaque personne décédée avec des informations comme l’adresse ou les circonstances de la mort. La carte numéro 41, par exemple, rapport le décès d’ “un monsieur âgé vivant seul, mort de faim à son domicile à Huaxin Jiayuan, dans le district de Xuhui, à Shanghai”.

Le confinement : plus nocif qu’utile

De plus en plus de personnes s’interrogent sur les “effets secondaires” de la mise en quarantaine de Shanghaï. Chen Gen, un écrivain spécialisé dans la science et la technologie a repéré des milliers de messages de demandes d’aide de personnes âgées, atteintes de malades chroniques, de cancers ou devant subir des hémodialyses. Etant donné que la ville est sous-quarantaine, les personnes en province n’ont désormais plus accès aux soins médicaux dispensés à Shanghaï, ce qui pose un vrai problème de santé publique.

Comme nous l’avons rapporté à de multiples occasions, le confinement pour lutter contre le Covid-19 est une mesure très controversée depuis sa toute première mise en œuvre. En janvier 2022, une étude scientifique issue de la prestigieuse université Johns Hopkins avait apporté une conclusion sans appel à la question des coûts et des avantages de cette mesure : peu, voire pas d’effets sur la mortalité liée au Covid-19, mais un coût économique et social désastreux.

Voir aussi : Les mesures de confinement n’ont eu aucun effet sur la mortalité Covid, d’après l’Université Hopkins

Cette fois-ci encore, les statistiques officielles n’apportent aucune preuve que le confinement permette de réduire le nombre de cas positifs au Covid-19, comme l’a souligné le 24 avril sur Twitter Hélène Banoun, pharmacien biologiste et ancienne chargée de recherches à l’INSERM.





Source:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.