C’est la chenille qui redémarre. Alors que la saison des chenilles processionnaires bat son plein — au printemps, elles quittent les arbres pour aller s’enfouir dans le sol — l’espèce a été déclarée comme nuisible à la santé humaine par un décret publié le 27 avril. Il concerne la chenille processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea) et celle du pin (Thaumetopoea pityocampa).

Ces insectes, baptisés d’après leur mode de déplacement à la queue leu leu, sont en effet dangereux pour les humains. Plus précisément, leurs poils très urticants peuvent provoquer des conjonctivites, des éruptions, des démangeaisons et irritent les voies respiratoires. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a recensé 1 274 cas de personnes touchées entre janvier 2012 et décembre 2019.

Les animaux domestiques sont également concernés, notamment les chiens, qui risquent une nécrose de la langue pouvant entraîner la mort.

Les chenilles processionnaires sont originaires de Méditerranée et profitent du réchauffement climatique pour coloniser le nord de la France au rythme de 4 kilomètres par an ces dix dernières années. « Cet insecte présente, contrairement à la plupart de ses congénères, un développement larvaire hivernal. Il se trouve, pendant ce stade, favorisé par une augmentation même minime de la température hivernale qui régule ses chances de survie », explique le site du ministère de la Transition écologique. La plantation de pins sur les bords des routes et autoroutes lui offre en outre des corridors efficaces pour se propager facilement, comme l’explique une note du Parc national des Écrins.

Favoriser la présence de ses prédateurs

L’expansion de l’aire de répartition de la chenille processionnaire du pin fait d’ailleurs partie des indicateurs du changement climatique retenus par l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc).

Selon l’observatoire des chenilles processionnaires, mis en place en juin 2021 par l’État, 84 à 96 départements sont touchés en France.

Un piège à chenilles processionnaires, à Lyon. Wikimedia / CC0 1.0 / Romainbehar

L’observatoire liste également toute une série de recommandations pour lutter contre cet insecte, comme la destruction des nids en pulvérisant de l’eau savonneuse puis en les incinérant, ou encore la pose de pièges pour les empêcher de descendre de l’arbre. La technique la plus efficace serait de favoriser la présence de ses prédateurs : la chauve souris, la mésange, le coucou, la huppe fasciée ou le grand calosome, un coléoptère. Des prédateurs qui, contrairement aux chenilles, sont menacés de disparition à cause de la crise climatique.

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