par Erwan Castel.

Le 2 mai 2014 restera un évènement majeur dans les mémoires de celles et ceux qui suivaient avec attention les événements ukrainiens dont nous étions quelques-uns à pressentir qu’ils portaient en eux les germes d’une nouvelle tragédie européenne.

Lorsque la manifestation pacifique des pro-russes d’Odessa, qui réclamaient alors un statut fédéraliste pour protéger leur identité culturelle russe, tourne au massacre de la maison des syndicats ou 47 d’entre eux vont être assassinés puis brûlés et plus de 200 blessés, sans compter les disparus, mon engagement anti-Maïdan, exprimé depuis novembre 2013 s’est radicalisé ainsi que ma volonté de venir le porter sur le terrain des affrontements.

« On ne peut se rappeler sans un frémissement d’horreur la terrible tragédie d’Odessa, où des manifestants pacifiques ont été sauvagement assassinés, brûlés vifs dans la Maison des syndicats. Les criminels qui ont commis cette atrocité n’ont pas été punis, personne ne les recherche. Mais nous connaissons leurs noms et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour les retrouver et les traduire en justice » (Vladimir Poutine)

Mais la pire ignominie, dépassant même l’horreur absolue de ce massacre aux fumées d’Oradour sur Glane, fut sans nul doute le traitement médiatique abject que les médias occidentaux ont consacré à cet événement majeur, qu’ils ont servilement relégué au rang de fait divers sans y relever les meurtres intentionnels et la présence de paramilitaires nazis protégés par le nouveau pouvoir kiévien vomi du Maïdan.

Rétrospectivement, ce massacre d’Odessa préfigurait cette guerre totale qui aujourd’hui nous conduit à pas certains vers une nouvelle tragédie européenne dont tous les rouages de le dynamique infernale étaient alors mis en place par la mafia mondialiste :

  • Russophobie hystérique des partisans d’un mondialisme ultra libéral hégémonique,
  • Violence inouïe des séides ukrainiens au service du projet atlantiste dans la région,
  • Complicité des gouvernances et instances occidentales des répressions organisées,
  • Collaboration des médias occidentaux pour cacher la Vérité et orienter les opinions,
  • Etc…

Quelques jours avant cette tragédie d’Odessa, le 15 avril 2014, alors que Turtchinov, président ukrainien par intérim, avait lancé à force blindés, chasseurs bombardiers et obusiers lourds cette « Opération Spéciale Antiterroriste », hallucinante contre les populations russes du Donbass également révoltées par leur ostracisation brutale, j’écrivais ici :

« Le soutien aveugle des gouvernances occidentales à la stratégie du chaos mondialiste, aujourd’hui dirigée contre la Russie, est d’une monstrueuse et criminelle irresponsabilité car il menace les peuples d’Europe d’une nouvelle tragédie de l’Histoire. Cette tragédie, dont le détonateur a été déclenché sur le Maïdan a vu sa première étape explosive engagée avec ces opérations militaires hallucinantes et disproportionnées lancées contre les populations russophones d’Ukraine (ATO). Il est urgent que les consciences européennes se réveillent car l’Histoire nous enseigne bien dans la permanence millénaire de nos mentalités qu’il est des cinétiques géopolitiques qui sont comme des avalanches : elles deviennent vite incontrôlables, s’accélérant sans fin en broyant tout sur leur passage jusqu’au cataclysme final qui ici peut prendre la consistance d’une nouvelle boucherie européenne… et mondiale ! » (dans l’article intitulé « Le choc de l’Histoire… et de nos responsabilités »)

8 années plus tard, j’avoue que cela m’irrite d’avoir eu raison quand beaucoup me considérait aveuglé par une misanthropie pessimiste et imbécile, car de fait nous sommes bien et tous sous cette avalanche géopolitique et militaire qui, de Charybde en Scylla, a fait de muer cette crise ukrainienne en guerre civile, puis la guerre civile en guerre locale et, depuis le 24 février, en guerre régionale, dans une logique infernale laquelle est excitée par les faucons de guerre de l’OTAN, la servilité des irresponsables occidentaux et l’apathie des populations européennes quand ce n’est pas leur suivisme de moutons bêlant joyeusement sur le chemin de leur abattoir.

Le pire est que dans cette logique de l’avalanche nous assistons aujourd’hui à cet emballement des événements dont les pires sont :

des aides militaires illimitée de l’OTAN notamment avec des armes lourdes en redéfinissant le rapport des forces vont obliger la Russie de consacrer plus de moyens dans le conflit en personnels et matériels,

une internationalisation du conflit, avec son extension possible dans la Transnistrie pro-russe ce qui entrainerait la constitution d’une alliance en Moldavie ou un engagement des forces bélarusses en Ukraine,

une extension de l’OTAN en Europe, comme par exemple avec cette intégration discutée de la Finlande laquelle, avec ses 1300 km de frontières communes et sa proximité de Saint Pétersbourg (100 km), serait pour Moscou un nouveau casus belli.

Le 2 mai 2014, les forces spéciales ukrainiennes lancent un assaut sur Slaviansk.

Ce même 2 mai 2014, à Slaviansk, au Nord de la République populaire de Donetsk, cette « Opération Spéciale Antiterroriste » criminogène lançait son premier assaut mécanisé avec l’appui des mêmes paramilitaires radicaux nationalistes qui du Maïdan au Donbass en passant par Odessa sèment depuis 8 ans terrorisent et massacrent ceux qui revendiquent leur identité ou sympathie comme russes.

En menant un assaut militaire contre des barrages improvisés dressés par des civils en colère le gouvernement fantoche ukrainien aux ordres de Washington (je rappelle que l’opération militaire ukrainienne contre le Donbass a été décidée le 13 avril 2014, lors de la visite à Kiev du Directeur de la CIA John Brennan) faisait basculer la crise ukrainienne dans un conflit moderne qui, dans une escalade recherchée et entretenue à évoluer vers une guerre régionale qui aujourd’hui menace de devenir mondiale.

Ce premier assaut du 2 mai va échouer, grâce à la motivation des volontaires de Slaviansk ceux venus de Russie et au commandement d’Igor Girkin indicatif « Strelkov », un tacticien émérite qui, contre toute attente et logique opérative, va réussir à résister aux assauts et bombardements ukrainiens suivants… pendant encore 3 mois.

Colonne de véhicules blindés russes se dirigeant vers Slaviansk fin avril 2022.

Et ce 2 mai 2022, on apprend que 2 patrouilleurs maritimes russes de la classe « Raptor » (dernière génération ultra raide) ont été à priori détruits au large d’Odessa (près de l’île aux serpents) par des drones d’attaque ukrainiens « Bayraktar TB2 » (fabrication turque. Ce nouveau coup dur pour la flotte russe de la Mer Noire confirme bien quelle était l’importance de son croiseur-amiral « Moskva » coulé le 13 avril dernier et dont la mission de combat principale était d’assurer la couverture antiaérienne embarquée en mer Noire.

Vidéo des caméras de tir des Bayraktar TB2 revendiquant la destruction des 2 patrouilleurs

Quant à Slaviansk 8 années plus tard, son secteur est à nouveau au centre des opérations militaires actuelles, mais cette fois russes, qui viennent d’arriver le 2 mai 2022 aux abords cette première localité au Nord de Slaviansk et de Kramatorsk où qui est le centre du corps de bataille ukrainien dans le Donbass.

Et tout comme les revers subis par a flotte de Sébastopol, les premiers combats terrestres qui se déroulent au Nord de Kramatorsk confirment par leur violence la radicalisation d’un conflit russo-ukrainien qui ressemble de plus en plus à une première bataille mondiale tout comme Slaviansk était il y a 8 ans la première bataille du conflit du Donbass !

source : Alawata Rebellion

Illustration : Le 2 mai 2014 des militants pro-atlantistes brûlaient des manifestants anti-Maïdan à Odessa



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