L’annonce n’a pas eu l’effet prévisible, pris en étau entre le rachat de Twitter par Elon Musk et l’annulation annoncée de Roe v. Wade par la Cour suprême. Pourtant, mercredi 27 avril dernier, le Département de la sécurité intérieure des États-Unis annonçait la formation du Conseil de gouvernance de la désinformation, ou Disinformation Governance Board (DGB), en prévision des élections de mi-mandat en novembre prochain.

L’objet de ce ministère de la Vérité, digne du régime dystopique de 1984 ? « Assurer la sécurité des prochaines élections et assurer le fonctionnement démocratique des institutions », explique Alejandro Mayorkas, qui dirige le Département de la sécurité intérieure, lors de sa prise de parole. Il s’agit ainsi de lutter contre les « fake news » et la désinformation mettant en danger la sécurité intérieure du pays, tout spécialement celle liée à la Russie et aux migrants.

Pour le Wall Street Journal, c’en est même trop gros pour être vrai, tant les initiales de ce nouveau ministère sont semblables à celles du KGB. Quoi qu’il en soit, le journal, propriété du milliardaire Rupert Murdoch, précise non sans ironie que « les experts du DGB mèneront le bal, séparant le bon grain informationnel de l’ivraie désinformationnelle. Le petit problème étant que les “experts de la vérité” sont bel et bien des humains. »

À cet égard, la directrice exécutive de ce Bureau n’est autre que Nina Jankowicz, jeune femme de trente-trois ans, spécialiste de la désinformation, auteur en 2020 de l’ouvrage Comment perdre la guerre de l’information : Russie, fake news. Sans surprise, son parti pris est flagrant, et il n’est pas favorable aux républicains. Mademoiselle Jankowicz jugeait, en effet, l’affaire de l’ordinateur portable de Hunter Biden comme « produit de la campagne présidentielle de Trump ». C’est également elle qui voyait des ingérences russes dans la victoire de Donald Trump en 2016. Les conservateurs américains la surnomment déjà la « Mary Poppins soviétique » après qu’elle a diffusé une vidéo d’elle-même sur TikTok, imitant la célèbre actrice Julie Andrews, avec des paroles anti-complotisme. Le président, lui, se voit désormais appeler Big Brother Biden.

On comprend bien en filigrane que la constitution de ce DGB est une réponse au rachat de Twitter et aux menaces de la liberté d’expression rétablie. Elon Musk remet désormais en cause le narratif officiel. Reste que le vocabulaire et l’objectif visés ne se cachent même plus. Le soft totalitarisme, ou communisme mou, comme le décrivait Rod Dreher dans son dernier ouvrage, s’affiche clairement.

Interrogée par la chaîne Fox News, la démocrate Tulsi Gabbard, ancienne représentante d’Hawaï à la Chambre, partage cette analyse. Pour elle, ce Conseil équivaut à un « département de propagande d’un gouvernement qui semble avoir peur de la liberté de pensée de ses propres citoyens. C’est le genre de chose que l’on voit dans les dictatures. » Pourquoi les dictatures font cela ? « Parce qu’ils ont peur de nous. Ils ont peur du peuple. Ils ont peur que nous puissions réellement penser par nous-mêmes. » Le point positif à retenir pour la démocrate ? « Que l’administration “officialise” enfin un comportement qu’elle soutient depuis un moment. » Notamment via ses liens étroits avec les Big Tech.

Pour Jen Psaki, porte-parole de la Maison-Blanche, interrogée sur le sujet, il s’agit d’un travail dans la continuité de ce qui est fait par l’Agence fédérale de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (elle aussi sous la supervision du Département de la sécurité intérieure) commencé en 2020, sous l’administration précédente.

Quant à Alejandro Mayorkas, voulant rassurer – sans succès – sur CNN, « ce nouveau conseil est un petit groupe, il n’a aucune autorité ou capacité opérationnelle. Il n’espionnera pas les Américains ». À bon entendeur…

Le grain de sable de trop dans l’engrenage totalitaire ? L’administration Biden signe sans doute sa chute, offusquant même les médias de gauche.

 





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