Par Christelle Néant pour Donbass-Insider

Les 6 et 7 mai 2022, les derniers civils encore présents dans l’usine Azovstal à Marioupol ont été évacués d’après les informations de l’armée russe et des autorités ukrainiennes. Au total ce sont 51 personnes qui ont évacué le territoire de l’usine ces jours-ci.

Les 5, 6 et 7 mai 2022, l’armée russe a relancé l’évacuation des civils qui se trouvaient encore dans les sous-sols de l’usine Azovstal, en coordination avec l’ONU et la Croix-Rouge.

Suite à la déclaration des combattants d’Azov le 5 mai, disant qu’ils ne laisseraient plus partir de civils d’Azovstal, sauf en échange de nourriture et de médicaments, il semblait que l’évacuation était compromise.

Le 6 mai 2022, nous nous sommes rendus au petit matin à Marioupol, afin de suivre le processus d’évacuation des civils encore présents dans les sous-sols d’Azovstal. Alors que nous attendons à proximité, des tirs se font entendre en provenance de l’usine. Les soldats ukrainiens ont ouvert le feu alors que les sapeurs déminaient la route que devront emprunter les civils.

Heureusement les tirs n’ont pas fait de victime, mais ont fait craindre l’annulation de l’évacuation. L’attente a duré des heures. Et pendant ce temps, un petit groupe de soldats ukrainiens a tenté de sortir en force de l’usine à bord d’un véhicule. Une tentative qui s’est mal finie, avec plusieurs soldats ukrainiens blessés et un tué d’après les informations dont on dispose.

Voir la vidéo (attention contenu choquant, contenu graphique) montrant un des soldats ukrainiens blessés, capturés par les soldats russes :

https://t.me/intelslava/28074?embed=1

En milieu d’après-midi les soldats ukrainiens exigent de parler à un négociateur, qui arrive une heure après. L’attente se prolonge encore. L’heure de fin du cessez-le-feu garanti par la Russie approche, et il n’y a toujours aucune certitude que l’évacuation va enfin pouvoir avoir lieu.

Finalement vers 18 h, alors que le cessez-le-feu a expiré, le premier bus transportant une douzaine de civils arrive enfin. Il faudra attendre une heure avant qu’un deuxième bus amène encore une douzaine de civils. Certaines personnes boitent un peu, mais la plupart ont l’air en bon état. Un homme évacue même avec son chien.

Deux autres bus suivront après, et au total c’est 50 civils qui évacuent Azovstal le 6 mai 2022. Il fait presque nuit lorsqu’ils arrivent à Bezymennoye, pour être identifiés (vérifier qu’il ne s’agit pas de soldats déguisés en civils), pouvoir manger un repas chaud, être soignés et se reposer avant d’être emmenés vers la destination de leur choix (à Zaporojié en Ukraine, en République Populaire de Donetsk, ou en Russie).

Voir le reportage filmé sur place :

Le 7 mai 2022, l’armée russe a annoncé qu’une personne de plus avait été évacuée d’Azovstal, portant le total à 51 civils – dont 11 enfants – évacués en deux jours. L’évacuation des civils hors de l’usine a alors été annoncée comme terminée.

Une information confirmée par la vice-Première ministre ukrainienne Irina Vrechtchouk, qui a annoncé sur Facebook que «toutes les femmes, tous les enfants et toutes les personnes âgées ont été évacués d’Azovstal ».

Malgré cela, et la preuve évidente que ce sont les soldats ukrainiens qui retenaient les civils en otage, les médias occidentaux essayent de faire croire que c’est la Russie la responsable, et tronquent des témoignages de civils afin de coller à leur narratif. Ainsi, le témoignage de trois minutes de Natalia Ousmanova, une civile évacuée d’Azovstal, publié par Der Spiegel lundi, a été depuis supprimé, et il ne reste plus qu’une version d’une minute, qui raconte une toute autre histoire une fois redécoupée.

Mais, une version de deux minutes a été retrouvée et sous-titrée en français par Thalie Thalie, qui remet les pendules à l’heure :

En tout cas, la situation des soldats ukrainiens à Azovstal est devenue critique, à tel point qu’un petit groupe d’entre eux est sorti avec un drapeau blanc sur le même pont d’où les civils avaient été évacués, pour négocier. Les soldats russes sont allés à leur rencontre. Pour l’instant on ne sait pas si ces négociations ont abouti à un accord sur la reddition de ces soldats ukrainiens, mais il faut souligner que c’est la première fois qu’un tel contact face à face a lieu depuis le début de la bataille de Marioupol.

Christelle Néant

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