Par Sylvain Devaux

Comme beaucoup j’y ai cru. Au sortir de la seconde guerre mondiale, l’idée d’une Europe de paix en intégrant plusieurs pays naissait rapidement. La première alliance (CECA : Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) était toutefois avant tout économique mais a rapidement étendu ses compétences à la défense (CED). En intégrant l’OTAN, où les Etats-Unis pèsent de tout leur poids, il était évident que la stratégie de défense militaire allait se renforcer mais allait aussi aliéner l’Europe aux décisions américaines.

Au fil du temps, l’Europe a nettement modifié, sous une apparente bienveillance, les relations économiques des pays membres entre eux et avec le reste du monde. Le CETA comme le MERCOSUR sont des exemples type de ce que l’Europe peut engendrer comme dégâts pour certains pays membres. Non pas en termes de balance commerciale mais en termes de qualité et de sécurité alimentaire. Mais le pire est ailleurs. Ce bel édifice est infiltré à tous les niveaux par les lobbies qui ne permettent plus d’avoir une approche sereine et éthique, sans compter avec les gouvernements des pays eux-mêmes à la solde de grandes entreprises.

L’interdiction du glyphosate que l’on sait cancérigène doit enfin intervenir en décembre 2022, mais il est clair que sous la pression des lobbies et de quelques gouvernements dont la France, son usage sera prolongé. C’est de cette Europe dont les populations ne veulent plus et le font savoir, contrairement à ce que dit notre chef de l’Etat. Emmanuel Macron a déclaré que sa réélection était un mandat pour l’Europe, mais il n’y a rien de plus absurde. Il a été réélu par défaut et le parti de Marine Le Pen n’a jamais fait un tel score, on est à des années lumières du vote d’adhésion !

Ce soi-disant mandat lui donne des ailes et il s’est même laissé aller à offrir un affligeant spectacle de danse dans l’hémicycle européen. Des danseurs lascifs ont exécuté une chorégraphie obéissant à la « voix », parfait exemple de la soumission souhaitée des peuples d’Europe. Mais dans cette belle mécanique, il y a quelques grains de sable, et de plus en plus nombreux. Evidemment, la présidente du conseil ne fait pas l’unanimité, loin s’en faut, alors qu’elle n’a aucun mandat électif à ce poste. Ses liens avec les lobbies pharmaceutiques poussent à la méfiance, son obstination à ne pas fournir les éléments demandés concernant ses mails avec le PDG de Pfizer et les contrats « caviardés » avec ce même laboratoire ne plaident pas en sa faveur. Alors quelques pays de l’Est de l’Europe enrayent aujourd’hui la belle machine.

Pour contrer ces dissidences malvenues, Emmanuel Macron a emboîté le pas à Berlin qui estime que le droit de véto des pays membres qui réduit sa capacité d’action doit être supprimé. Ce droit de véto, s’il peut être contraignant, reste néanmoins le seul rempart de souveraineté des Etats membres. Ces empêcheurs de tourner en rond, dont Emmanuel Macron dénonce la position politique d’extrême droite, bloquent le sixième « paquet » de mesures à l’encontre de la Russie dont le point clé reste le boycott du pétrole. Ces pays, très dépendants, ont sans doute bien compris que ces mesures n’affaibliraient guère la Russie mais allaient se montrer dévastatrices pour leur population et leur économie.

Alors que les Etats-Unis veulent mener une guerre par procuration contre la Russie et que Volodymyr Zelensky multiplie les opérations de chantage, l’Europe va-t’en guerre commencerait-elle à en percevoir les risques encourus. Les politiques aveugles et sourdes qui tentent de mener à « un monde de demain » fantasmé par quelques doux-dingues se confrontent aussi quelques fois à la réalité et c’est finalement tant mieux.

Sylvain Devaux

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