Parmi la foule d’invités pour la cérémonie d’investiture, Emmanuel Macron dispose de deux points de repère : l’ensemble vert pomme de Roselyne Bachelot et le tailleur jaune canari de Marisol Touraine. À la manière du capitaine perdu dans la tempête, ces deux balises lui permettent de s’orienter dans l’océan de prétendants et de dignitaires confirmés. À chaque invité, il serre la main chaleureusement comme s’il était son meilleur ami. Tapes sur la joue, gestes affectueux. Durant quelques secondes, c’est à la vie à la mort avec l’interlocuteur. Oui, il est le meilleur de tous. Celui d’à côté aussi. Le grand bonhomme au second plan également… Oh, et la dame en bleu marine ! Il ne pourrait vivre sans elle. Il l’aime, ainsi que celle d’à côté…

Alors que la distribution d’amour bat son plein, Roselyne Bachelot clignote. D’un instant à l’autre, elle peut passer au rouge et bloquer l’avancée du Président. Par chance, son tour d’être désignée reine d’entre toutes est arrivé. Miracle de la culture et des potagers. Le chef de l’État lui saisit les deux mains. Ah, si c’était à refaire… Regard appuyé. Séquence émotion, mais déjà une autre aventure sentimentale se profile avec le personnage suivant. Nicolas Sarkozy. Le plus grand, le plus extraordinaire, le plus… Leurs mains se serrent en une étreinte fougueuse. Rien ne pourra plus les séparer. Hélas, planté auprès de l’ex-président LR, François Hollande ne l’entend pas de cette oreille et attend le face-à-face qui lui permettrait d’obtenir un poste de premier plan. Directeur du département « Premières dames » ou grand ordonnateur des plantes vertes. L’intensité de l’échange laisse présager le meilleur. Emmanuel Macron lui a secoué le bras durant six secondes. Un toucher de coude a eu lieu. Tous les espoirs sont permis. À la suite de ces déclarations de flammes successives, Brigitte Macron passe auprès de chacun pour confirmation. Effectivement, son mari pense jour et nuit à celui-là, et lui aussi, sans parler de celle-ci…

Dans sa traversée de la salle des fêtes en solitaire, le navigateur élyséen ne peut rater Marisol Touraine. Après un énième serment d’amitié, les yeux dans les yeux, à un invité qui n’en demandait pas tant, Emmanuel Macron doit affronter sans lunettes de soleil le jaune éblouissant de l’ex-ministre de la Santé. Outre la fluorescence de son habit, la dame tient à faire part du rayonnement de sa pensée : « Maintenant, tu as les mains libres. Tu peux faire tout ce que tu veux. » Ce que certains redoutaient est ainsi exprimé clairement. Oubliant les fastes et toute réserve liée à la solennité du moment, le canari socialiste invite le réélu pour cinq ans à laisser libre cours à sa sensibilité mondialiste. Il peut faire tout ce qu’il veut. Le conseil sous-entend toute absence de scrupules à mener une politique tel que bon lui semble. Parlant de la France, celle-ci ajoute : « Oui, tu peux l’embarquer. » Le signal pour faire partie de la croisière a été lancé. Aux côtés de la passagère postulante, Manuel Valls regrette de ne pas être apparu dans un costume vert et jaune. Le cumul des couleurs pouvait lui attirer les grâces du capitaine. En guise de surenchère, il l’aurait encouragé à écraser toute forme de mutinerie. Après des années de galère, les marins de gauche lorgnent sur le yacht élyséen. Dût-il aller nulle part.





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