Un député sri-lankais qui avait abattu un manifestant antigouvernemental cette semaine a ensuite été lynché par la foule en colère, a révélé un rapport médico-légal, contredisant un rapport de police concluant qu’il s’était suicidé.

Un député sri-lankais a été lynché par la foule, d’après les conclusions d’un rapport médico-légal du 13 mai.

Amarakeerthi Athukorala, avait ouvert le feu le 9 mai sur des personnes qui bloquaient le passage de sa voiture dans la ville de Nittambuwa, après que le Sri Lanka a plongé dans la violence lorsqu’une bande de partisans du gouvernement a attaqué avec des matraques des manifestants pacifiques. Ceux-ci exigeaient la démission du gouvernement en raison de la crise économique historique que traverse le Sri Lanka.

Or, la police a affirmé que ce parlementaire, Amarakeerthi Athukorala, avait tenté de se réfugier dans un bâtiment, puis s’était suicidé après avoir été encerclé par environ 5 000 personnes.

«La mort du député est due à de multiples blessures, fractures et hémorragies internes, mais il n’a pas été blessé par balle», a pour sa part écrit le journal Lankadeepa, citant le rapport d’autopsie. Le garde du corps d’Amarakeerthi Athukorala a en revanche péri des suites de blessures par balle, toujours selon ce rapport. La police a reçu l’ordre d’enquêter pour découvrir qui pourrait avoir tiré sur lui.

Le Premier ministre, Mahinda Rajapaksa, accusé par les manifestants d’avoir orchestré les violences, a démissionné peu après. Il a ensuite été contraint de fuir la capitale Colombo, se réfugiant dans une base navale. Au total, neuf personnes ont été tuées dans des incidents liés aux troubles, tandis qu’au moins 225 ont été blessées et hospitalisées. Un couvre-feu nocturne est toujours en vigueur sur toute l’île.

Le pays de 22 millions d’habitants, en proie à la pire crise économique depuis l’indépendance en 1948, manque de dollars pour financer l’importation de produits de première nécessité (denrées alimentaires, carburant, médicaments). La population est excédée par des mois de pénuries généralisées qui ont déclenché des manifestations quotidiennes partout dans l’île. Le Sri Lanka s’est par ailleurs déclaré le 12 avril en défaut de paiement de sa dette extérieure estimée à plus de 51 milliards de dollars (environ 49 milliards d’euros). Des pourparlers avec le Fonds monétaire international, pour obtenir un éventuel renflouement, doivent se conclure le 27 mai. 



Source:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.