Proposé par SELLAMI

Partie 3 : Tous pour Macron

Comment des foules peuvent-elles se passionner pour tel ou tel figurant du film de la présidentielle quand un public adolescent intelligent verrait à quel point ces soi-disant concurrents s’entendent comme larrons en foire tout en feignant de s’écharper ?

Les candidats avaient plus ou moins l’air de vouloir dégommer le président en place, alors qu’en réalité, beaucoup rabattaient délibérément les électeurs vers lui en assumant le rôle de repoussoirs (nous resterons gentil en acceptant de croire que certains faisaient son jeu inconsciemment et que d’autres le combattaient sincèrement …).

Election après élection, la présidentielle française ressemble de plus en plus à une monstrueuse parade façon Freaks (le fameux film de Tod Browning), où tous rivalisent de laideur et de difformité; une Cour des miracles, en somme, où ne se produiraient que des Quasimodo.

Valérie Pécresse, vedette consentante d’un dîner de cons

Il fallait être particulièrement naïf pour ne pas comprendre que Valérie Pécresse officiait sciemment comme repoussoir afin que ses électeurs potentiels votent Macron.

Car c’est peut-être vers ce dernier que se sont envolés principalement les sympathisants LR (ex-UMP).

Aussi, en tapant sur Pécresse (et elle ne méritait que cela), les spectateurs divers et variés ont peut-être contribué à hausser le score du président sortant.

Ce pourrait être le cas aussi des critiques qui croyaient faire œuvre de salut public en qualifiant cette dame de Macron en jupons (image profondément vraie, au demeurant). Des benêts ont dû en conclure qu’après tout, autant valait voter Macron.

Mélenchon, le loup macroniste travesti en gentille grand-mère chaperoniste

Mélenchon, leader du mouvement néo-conservateur déguisé en gauche radicale, mérite l’Oscar du meilleur costume. Il rivalise avec le célèbre acteur Lon Chaney, surnommé L’homme aux mille visages pour ses maquillages et ses travestissements.

MeLenChoney (alias Lambertenchon, alias Tsiprasenchon, et, de son vrai nom, Trahison) n’a jamais fait autre chose que servir les intérêts du grand capital occidental et de l’OTAN : il était membre du gouvernement qui a participé à l’agression militaire contre la Yougoslavie, et qui, côté économie, avait notamment battu des records de privatisations; il a été peut-être le premier à soutenir la guerre contre la Libye, déclarant en particulier qu’il fallait armer les soi-disant rebelles qui luttaient, paraît-il, pour la liberté; il a justifié la guerre contre la Syrie (comme par hasard, monsieur Mélenchon est donc toujours favorable aux aventures militaires contre les pays arabes et aux bombardements sur leurs habitants, tout en se présentant comme l’ami des musulmans, des Nord-Africains et des Orientaux.

Bien que sa rage de la gâchette et du canon soit forte, elle ne va pas jusqu’à le pousser à partir se bagarrer lui-même sur le terrain, car, bravache en cette matière comme dans tous les autres domaines, il préfère se contenter d’y envoyer les autres); aujourd’hui encore, il explique que la gentille Ukraine est odieusement martyrisée par la méchante Russie et il fait partie des bellicistes qui veulent en découdre avec l’Ours moscovite; il est farouchement opposé à la sortie de l’OTAN, de l’Union Européenne, de l’euro, de Schengen, du FMI etc, organisations qui condamnent la France à une politique de guerre à la fois sociale et proprement militaire contre les populations et les pays tiers; il feint de critiquer la dictature covidiste, mais, en réalité, il la seconde à fond, passant son temps à tenir des discours ambigus qui, au final, la justifient, faisant tout pour convaincre les peuples qu’ils doivent se masquer et se faire injecter; il est totalement dans le LGBTisme, le wokisme et la « cancel culture » ; il a osé féliciter pour sa soi-disant victoire à la présidentielle américaine le va-t-en-guerre et anti-social Joe Biden; il n’a pas craint de promettre un nouveau référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie en échange de parrainages d’élus calédoniens (ce qui vaut haute trahison) … On n’en finirait pas de lister les forfaits de ce brigand néo-conservateur qui usurpe, de manière indécente, le rôle du tribun défendant le peuple.

Monsieur Mélenchon aurait pu déclarer qu’il ne fallait voter ni pour Le Pen ni pour Macron.

Il aurait pu apporter ses voix à Macron en posant ses conditions, en exigeant que le président sortant s’engage à prendre ou à ne pas prendre telles ou telles mesures concernant des points importants.

Il n’a rien fait de tout cela, appelant à voter pour Macron au deuxième tour, mais de manière hypocrite, car la duplicité est l’une des marques de fabrique de cet individu.

Non seulement il a vendu ses électeurs en les livrant pieds et poings liés à Macron sur un plateau d’argent sans demander en échange la moindre garantie pour eux (par contre, lui et sa clique de néo-conservateurs ont certainement obtenu des postes bien payés dans les fromages de la République), mais il a eu l’abominable audace de leur dire, en substance : Votez Macron, car ce sera comme voter pour moi. L’ignominie dans toute son horreur …

Il leur fait croire maintenant qu’il souhaite devenir Premier ministre pour contrecarrer les desseins funestes du président, alors que, s’il était appelé à Matignon, ce serait pour accomplir ce pour quoi on le stipendie depuis des décennies : faire accepter par le peuple ce que ce dernier ne tolèrerait plus venant des laquais attitrés de l’oligarchie, en l’espèce Macron.

En fait, le choix Mélenchon a été un vote indirect pour Macron, en deux temps.

Une métaphore nous a traversé l’esprit : celle du Petit chaperon rouge. Ce dernier, c’est le peuple; Macron, c’est le loup qui désire le dévorer; et Mélenchon, c’est l’autre loup, qui travaille de concert avec le premier, mais qui, lui, se grime en gentille grand-mère pour inciter l’enfant à se jeter dans la gueule du monstre. Car si c’était la bête Macron qui priait la fillette de s’approcher, elle se méfierait et demeurerait à distance; c’est donc le carnivore Jean-Loup Mélenchon qui s’habille en inoffensive grand-mère et qui attire la petite dans le piège, pour le compte du prédateur macroniste qui va la manger.

C’est exactement ainsi que fonctionne le vote Mélenchon : les gens de gauche (ou qui se pensent tels) n’auraient pas voté Macron d’emblée, dès le premier tour; il fallait d’abord les canaliser vers Mélenchon, qui les a ensuite redirigés, recanalisés, vers Macron.

En quelque sorte, Mélenchon est l’aimant de Macron : il attire vers ce dernier, il capte pour lui, les gens de gauche qui, sans cela, ne s’en seraient pas rapprochés.

Aussi, voter Mélenchon, c’était déjà voter pour le candidat LREM (même si, semble-t-il, un certain nombre d’électeurs mélenchonistes n’ont pas voulu glisser un bulletin Macron au second tour et ont préféré s’abstenir).

Les seconds couteaux … dans le dos du peuple

Nous pourrions évoquer aussi Hidalgo, Jadot, ou encore Poutou, pour ne citer que ces trois acteurs de série Z, ces opposants de pacotille qui, en réalité, ont toujours travaillé pour l’oligarchie.

Mesdames Hidalgo et Pécresse, en particulier, semblent s’être livrées à une compétition de ringardise pour le plus grand profit du sieur Macron.

Quant au pseudo-révolutionnaire Poutou, il a notamment pour fonction de présenter du prolétaire ou du contestataire radical une image dévalorisante.

Un éternel concours d’épouvantails

Par une singulière ironie, beaucoup de gens se sont excités avant le deuxième tour sur le thème Tous contre Macron, miroir du Tous contre l’extrême-droite.

C’était tomber dans le piège de cette élection/cinéma dans laquelle de mauvais comédiens jouaient leur numéro de repoussoirs pour le compte de l’interprète principal, le candidat LREM, dont ils étaient les faire-valoir.

C’était donc se tromper du tout au tout sur ce qu’a été fondamentalement cette présidentielle : un Tous pour Macron.

Le sempiternel remake des douze salopards

Depuis des années et des années, les électeurs sont sommés de voter, non pas pour telle ou telle personne, mais contre telle autre.

Chaque candidat sert d’épouvantail à son rival; dit autrement, les concurrents se servent mutuellement de repoussoirs.

Cela fut nettement le cas en 2002 avec la paire Chirac/Le Pen. Cela fut encore le cas en 2007 : de toute évidence, Ségolène Royal, notamment, excellait à dévier les citoyens vers Sarkozy. Cela fut de nouveau le cas en 2012, Sarkozy et Hollande pratiquant le champ-contrechamp du Qui déplaît le moins gagnera la partie. 2017 et 2022 rejouent dans une certaine mesure 2002 : la fille de Jean-Marie Le Pen a repris le rôle de son père.

Malheureusement, le même genre de scénario est prévu pour 2027 : Marine Le Pen n’a-t-elle pas déclaré qu’elle n’abandonnerait pas les Français ? En clair, cela signifie que ce pays n’est pas près de se débarrasser de l’épouvantail FN/RN, et donc, de l’oligarchie à laquelle il profite.

Mais, peut-être n’y aura-t-il pas de 2027 : si la France n’existe plus dans cinq ans, en toute logique il ne devrait plus y avoir de présidentielle. C’en serait alors fini de ce bal des maudits.

SELLAMI

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