En dépit de sa conversion au libre-échange, le complexe de la forteresse assiégée se renforce en Russie à la faveur de poussées concentriques qui lui échappent. L’OTAN et l’Union européenne avancent vers l’est, intègrent progressivement les anciens « pays frères » et les anciennes républiques soviétiques baltes. Avec l’intervention militaire de 2008 en Géorgie et, surtout, le rattachement-éclair de la Crimée à la Russie en mars 2014, le Kremlin a voulu marquer un coup d’arrêt à cette expansion. Si Moscou a aujourd’hui fait la preuve de sa capacité à manier le bâton, son potentiel d’attraction est moins évident. Les projets de coopération économique tardent à séduire les pays les plus proches, comme en Asie centrale, et le développement reste à la merci du cours mondial des hydrocarbures. D’où la tentation de développer de nouveaux horizons vers le sud.



Source:

One thought on “Face à l’OTAN, la Russie met le cap au Sud, par Cécile Marin (Le Monde diplomatique, décembre 2014)”
  1. On ne peut pas dire que le potentiel attractif de la Russie auprès de ses anciennes républiques n’est pas là, il y a tout un contexte dont il faut tenir compte, ces pays ont obtenu leur indépendance vis-à-vis de l’ex-URSS il n’y a pas si longtemps, c’est normal qu’ils ne se jettent pas dans les bras russes sans contre-parties fiables, leurs citoyens ne l’accepteraient pas.
    Beaucoup d’entre-eux lorgnent sur la manne financière que leur promet l’Europe, mais ils voient aussi aujourd’hui quel pacte diabolique cela peut être quant à leur réelle autonomie politique économique et culturelle, car en définitif, à bien y regarder, l’Europe n’est guère mieux que cette URSS dans sa manière de se conduire avec les pays qui sont littéralement vassalisés en son sein, c’est même kif-kif.
    Même si tout ça a fait l’objet d’un restylage, les réalités sont là, c’est le même plat.
    Nous jugeons les autres sans nous juger nous-mêmes, or, normalement, un système politique donné dans un pays donné, devrait correspondre à l’histoire du peuple qui l’habite, ce sont ça les économies modernes, ou ça devrait être ça, c’est parce que nos pays et certains dirigeants qui s’y sont employés ont travesti nos réalités qui fait que nos populations européennes et plus largement occidentales, sont quasiment toutes crispées actuellement du fait, que le naturel qui constituait la singularité de chacun de ces peuples n’est absolument plus en accord avec les systèmes politiques qui essaient de chacun les faire fonctionner.
    Qu’est-ce qui fait l’État sinon la souveraineté populaire sur lequel il se fonde?
    Aux temps des rois, il n’y avait pas d’États, puisque le roi était le souverain, or, depuis que la notion de res publica (chose publique) est encrée dans nos consciences citoyennes en tant que concept, tout a été entrepris pour nous déposséder des droits et obligations qui vont avec.
    Ça n’est pas propre à la France, à bien des endroits où l’on parle de république, c’est pareil, ce sont des gouvernorats, nous ne faisons pas les lois puisque nos représentants légaux, les députés, obéissent à des directives prédéfinies et sont invisibles du citoyen, c’est une mascarade.
    Mais, si les choses sont ainsi, c’est qu’il y a un roi central inconnu des gens ordinaires dont nous ne voyons que les suzerains, nos présidents et autres. Qui est ce roi?
    Si, la chose publique, la res publica, était vraiment souveraine, elle ferait les lois, aurait aussi le pouvoir de battre monnaie, elle serait dans un état d’absolutisme, on le voit, un pays comme la Russie qui est maître de sa monnaie ne se fait absolument pas catapulter dans les abîmes selon le bon vouloir de la finance apatride, au contraire, ce pays plus on le sanctionne, plus il est fort puisque ayant le contrôle sur sa monnaie il peut prendre toutes les directives qu’il faut et veut pour redresser son économie et cimenter la confiance de son peuple autours des dirigeants au pouvoir.
    Même aux États-Unis, c’est pas le cas, là-bas, contrairement à ce qu’ils croyaient, leurs sanctions contre la Russie n’épargnent pas leur propre économie, c’est donc, que les détenteurs de l’argent occidentale s’ils savent compter, on en doute pas, on de graves problèmes avec les décisions politiques qui exigent énormément de capacités de réflexion dans de nombreux domaines, donc d’intelligence.
    Que ce soient les Russes ou les Chinois, soit rouble et renminbi, deux puissances très très fortes économiquement, militairement et politiquement, toutes deux sont souveraines de leurs monnaies, Mammon a fait une grosse bêtise en négligeant de s’en rendre maître, il le paie cash!
    Ces deux pays ont leurs populations derrière eux, fortes, même si leurs modèles politiques ne sont pas similaires aux nôtres, ils sont en adéquation avec l’histoire de ces peuples, ils ne vivent pas sous de faux horizons, savent faire la distinction entre la fausse liberté et celle encadrée.
    Donc, c’est un peu tôt pour affirmer que la Russie ne va pas re-séduire ces anciennes conquêtes, c’est moins sûr que ce qui est affirmé ici, par contre, c’est vrai, les pays du Sud qui vivaient sous le joug occidental, ont beaucoup d’intérêts à se précipiter pour s’en défaire et à conclure des accords avec les Russes, car ils sont vis-à-vis de ceux-ci, dans une autre approche historique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.