28 mai 2022 à 09h41,

Durée de lecture : 4 minutes

Animaux

Le protocole à suivre est simple : ce samedi 28 ou ce dimanche 29 mai, sortez dans le jardin muni d’un carnet et d’un crayon et installez-vous à un bon poste d’observation. Et puis : restez attentif. Un oiseau se pose au sol ? Un autre pointe son bec entre les feuillages ? En une heure — ni plus, ni moins —, vous êtes invité à recenser chaque oiseau aperçu, ou le photographier s’il ne vous est pas familier. 

Depuis 2013, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) coordonne un programme de sciences participatives au service de son Observatoire des oiseaux de jardin. Chaque année, un premier week-end de comptage a lieu en janvier, en période d’hibernation, de migration ou de simple survie dans les jardins selon les espèces. Le second week-end se tient fin mai, pour une autre phase de la vie des oiseaux : la reproduction et la nidification. Il s’agit de redoubler d’attention : les oiseaux se laissent alors moins facilement observer. « Ils défendent leurs territoires, évoluent moins en groupe. Et puis en mai, il n’y a plus de mangeoires pour les attirer, puisqu’il est conseillé d’arrêter de nourrir les oiseaux à la fin de l’hiver », souligne Marjorie Poitevin, responsable de programme à la LPO.

Près de 4 000 personnes s’étaient prêtées au jeu en mai 2021. Alexis Orseau/LPO

Près de 4 000 personnes s’étaient prêtées au jeu en mai 2021. « Le nombre de participants est en constante augmentation au fil des années », remarque Marjorie Poitevin. En moyenne, vingt-trois oiseaux par jardin avaient été aperçus en une heure. Gare aux doublons : si plusieurs individus d’une même espèce apparaissent successivement, la LPO conseille de ne pas les additionner, mais de noter le nombre maximal aperçu simultanément.

« Des espèces communes… malheureusement plus si communes que ça »

L’Observatoire des oiseaux de jardin « se focalise sur une cinquantaine d’espèces qui sont facilement observables dans les jardins : merle noir, mésange charbonnière, moineau domestique… », explique-t-elle. Le comptage d’hiver inclut quelques espèces spécifiques à certaines régions de France ; mais globalement, « on est sur des espèces communes… malheureusement plus si communes que ça ». Le chardonneret, par exemple, connaît une baisse de sa population de 30 % depuis le début des années 2000 selon la LPO

Voilà pourquoi les périodes et le protocole d’observation sont les mêmes depuis dix ans : l’idée est de pouvoir comparer les données recueillies. Cet automne, la LPO fera un travail de synthèse de toutes ces années d’observation citoyenne. Un grand chantier, pour déterminer si ce qui se passe dans les jardins « va dans le même sens que les tendances générales observées dans le milieu naturel », indique Marie Poitevin. À savoir, une « crise de disparition des oiseaux depuis les années 1990 ». Avec un peu d’espoir, les données démontreront que « certaines espèces viennent trouver refuge dans les jardins, et s’y reproduisent spécifiquement ».

On assiste à « crise de disparition des oiseaux depuis les années 1990 »

Il s’agira alors de mieux les protéger. C’est l’autre objectif de ces comptages nationaux : sensibiliser les citoyens à la présence d’oiseaux dans leurs jardins, et aux gestes pour les préserver : « poser des nichoirs, ne pas tailler les haies, ne pas couper leur pelouse tout le temps », cite par exemple Marjorie Poitevin.

Au-delà des périodes de comptage national, les plus motivés peuvent continuer de veiller sur les oiseaux. D’abord, l’Observatoire des oiseaux de jardin peut être nourri tout au long de l’année. Ensuite, les amateurs les plus éclairés — de ceux qui reconnaissent les oiseaux à leur chant — peuvent rejoindre le réseau Stoc (suivi temporel des oiseaux communs). Au-delà des oiseaux, il existe la base Faune France qui recense aussi les mammifères, les reptiles… Et pour qui ne trouverait pas son bonheur, le portail Open propose un annuaire de toutes les initiatives existantes de sciences participatives autour de la biodiversité.

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