Opération de terrassement pour la réouverture d’un ancien bras du Rhône, en octobre 2021.

22 juin 2022 à 16h07,

Durée de lecture : 3 minutes

Politique

« Malgré les efforts de l’Union européenne et de la communauté internationale, la perte de biodiversité et la dégradation des écosystèmes se poursuivent à un rythme alarmant. » Ce 22 juin, l’exécutif européen a dévoilé son nouveau projet de règlement sur la restauration des écosystèmes. S’ouvrant sur ces quelques mots, ou plutôt ce constat d’échec, ce document, que Contexte s’est procuré, détaille les différentes trajectoires visant à contraindre les États à restaurer la nature. La Commission européenne défend ainsi l’idée qu’il n’est plus suffisant de protéger les écosystèmes en danger, et qu’une remise en état de ceux déjà abîmés s’impose.

L’ambition générale de ce projet, publié à l’issue de la réunion du collège des commissaires sur le « paquet nature », est traduite dès l’article 1 : « Les États membres mettent en place, sans délai, des mesures de restauration efficaces et territoriales qui couvriront, d’ici 2030, au moins 20 % des zones terrestres et maritimes de l’Union et d’ici 2050, tous les écosystèmes à restaurer. » À cette première cible, s’ajoutent celles de l’obligation d’inverser le déclin des populations de pollinisateurs sur le long terme, la réhumidification progressive des tourbières ou encore le développement des espaces verts en zone urbaine.

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Destinée à devenir la grande loi sur la biodiversité du mandat en cours, ce texte obligera les États membres à présenter des « plans de restauration » à la Commission, dans les deux ans suivant l’entrée en vigueur du règlement.

« La proposition législative de la Commission, par son niveau d’ambition, est un jalon historique pour tenter d’inverser la perte de biodiversité en Europe, a réagi Arnaud Gauffier, directeur de la conservation au WWF France. Nous appelons le Parlement et le Conseil [de l’UE] à soutenir et renforcer cette proposition, notamment en ajoutant des objectifs ambitieux de restauration des cours d’eau, plaines inondables et tourbières, ainsi qu’en renforçant le mécanisme de suivi et de redevabilité pour une mise en œuvre à la hauteur de l’urgence. »

Sur les réseaux sociaux, la députée européenne d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) Marie Toussaint a également félicité ces propositions ambitieuses pour la nature, « malgré un combat acharné des conservateurs et des lobbies de l’agro-industrie contre tout texte contraignant visant à préserver la biodiversité ». De son côté, l’Allemande Laura Hildt, chargée de mission au Bureau européen pour l’environnement (BEE), a rappelé que la décennie en cours devait être le tournant, et entend ainsi veiller « à ce que l’essentiel de l’action de restauration des écosystèmes ne soit pas repoussé au-delà de 2030 ».

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