Plus besoin de déguisement, les masques sont tombés ! Enfin, c’était sans compter sur le concours d’Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, revenu sur scène ce mercredi 22 juin. Le port du masque dans les transports et la quatrième dose, ça se “discute sérieusement”, dit-il comme pour remettre deux sous dans la musique, alors que les discussions sur la “loi Covid” du gouvernement sont encore en suspens.

La chenille redémarre

Le 16 mai dernier, le port du masque n’était plus obligatoire dans les transports (il le restait uniquement dans les établissements de santé). Un peu plus d’un mois plus tard, tandis que les cas et les tests Covid sont remis en avant par la presse, Alain Fischer s’exprime sur le plateau de Télématin pour prêcher la bonne parole. L’arrivée de l’été — aidée par les législatives — a changé le gouvernement, mais pas Alain Fischer. Selon lui, le retour du masque dans les transports en commun “se discute sérieusement”.

Et ce n’est pas la variole du singe qui l’effraie, mais bien “la prochaine vague épidémique du Covid, alimentée par le variant BA.5”. S’adressant aux personnes les plus fragiles, le médecin considère que “dans les transports collectifs, c’est probablement raisonnable”. “En faisant le petit effort de porter le masque, on contribue à protéger les personnes fragiles”, assure-t-il comme par dogmatisme. Et le gouvernement en a pris bonne note, puisque la nouvelle porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, annonçait le 23 juin : “On ne s’interdit rien. Si cette question devait se poser, c’est avec les autorités sanitaires que nous prendrions des décisions.”

Pendant ce temps, une étude publiée dans la revue médicale américaine Medicine avance que les masques auraient eu l’effet inverse à celui recherché : ils contribueraient en fait à une “menace encore inconnue” plutôt qu’à une véritable protection. Comme dit le professeur, “ça se discute sérieusement”.

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Une quatrième dose en quatrième vitesse

Et quand il s’agit de “freiner le rebond épidémique”, Alain Fischer a plus d’un tour dans son sac. En plus des masques, il estime qu’il faut accélérer la vaccination aux plus de soixante ans. Selon lui, la quatrième dose (ou “deuxième dose de rappel”, selon les écoles) pour les personnes de 60 à 79 ans est une solution envisageable.

“Une personne sur cinq éligible chez les 60 à 79 ans n’a pas reçu cette dose”, s’inquiète-t-il avant d’ajouter qu’il “serait très utile pour ces personnes qu’elles reçoivent le plus rapidement possible un second rappel, parce qu’en une semaine environ, elles récupéreront un meilleur niveau de protection”. Jusqu’à quand ? Le professeur ne le dit pas.

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“Loi covid” et planning ministériel chamboulé

Si les scientifiques reprennent du service sur les plateaux télévisés, les décisions sont encore entre les mains du gouvernement. Mais pour l’instant, chamboulé par des législatives au goût amer — en tout cas pour le parti présidentiel, ce dernier peine à sortir la tête de l’eau.

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Le 8 juin dernier, Olivia Grégoire avait promis de soumettre au Conseil des ministres un texte de loi sur le Covid. Mais les ministres changeant, ledit Conseil (qui devait avoir lieu le mardi 21 juin) a finalement été repoussé jusqu’au 28 juin. Quoi qu’il en soit, si la France est aujourd’hui contrainte de gérer des problèmes intérieurs plus urgents, tout laisse penser que le sujet du Covid reviendra bientôt nous hanter. D’ores et déjà, l’OMS prépare un traité international sur les pandémies, et le prophète Bill Gates annonce un “variant beaucoup plus mortel”.

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De son côté, le Parlement européen continue sur sa lancée. Le 23 juin, les eurodéputés votaient pour ou contre l’extension du certificat covid numérique de l’Union européenne : 483 d’entre eux ont approuvé le prolongement du passe sanitaire européen, sur un total de 591 votants.

Finalement, si le vote des Français traduit bien une certaine lassitude politique, il y a fort à parier que le gouvernement d’Emmanuel Macron porte davantage son attention sur la dimension internationale des futures décisions. C’est en tout cas la thèse que soutient Eric Verhaeghe. Reste à savoir si les oppositions parviendront à recentrer le débat sur la politique intérieure en portant la voix des Français plutôt que celle de l’Europe. Les débats s’annoncent laborieux.





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